Élevage

Faut-il investir dans un système de détection des chaleurs ?

Il existe différents systèmes automatisés pour la détection des chaleurs. Afin de déterminer l’intérêt économique de ce type d’équipements pour l’élevage, l’Idele a développé un outil de calcul simple de rentabilité.

Pour la détection automatisée des chaleurs, dans la plupart des cas, les vaches sont équipés de colliers ou de boucles auriculaires. Des produits dans lesquels est intégré un accéléromètre qui analyse l’activité des animaux. « La hausse d’activité est un signe annonciateur de chaleur. Le collier va aussi donner des informations sur le comportement comme la rumination, le temps passé par la vache debout ou couchée… », explique Clément Allain, responsable de projet élevage de précision à l’Institut de l’élevage (Idele).
Le podomètre est aussi une technologie qui existe mais qui est moins développée. « Dans 90 % des cas les éleveurs s’équipent avec des colliers car ils ont fait leurs preuves et qu’il est possible de diversifier les usages alors que c’est plus compliqué avec un appareil à la patte. »

Un élevage laitier sur 3 équipé

Une étude menée en 2015 montrait que 30 % des élevages laitiers étaient équipés de matériel de détection automatisée des chaleurs. Un chiffre qui a largement progressé depuis. Une autre étude a été réalisée par l’Idele auprès de 123 éleveurs dont 52 sont équipés de capteurs de détection des chaleurs et 71 non équipés. « Les principales motivations initiales citées par les 52 éleveurs équipés sont : l’amélioration des résultats de fertilité et de la gestion de la reproduction dans leur élevage. Mais aujourd’hui, suite à l’utilisation de l’outil, ils apprécient tout particulièrement également la sérénité au moment de l’insémination, la flexibilité des horaires et la gestion plus aisée des absences. Ces mêmes critères sont cités comme motivations par les éleveurs nonéquipés mais intéressés par ces outils. Alors que ceux réticents à investir dans ces détecteurs évoquent notamment le coût trop important de l’outil, le ratio coût/bénéfice trop faible et l’absence de besoins », résume Clément Allain.

Évaluer la rentabilité pour son élevage

L’investissement dans ces systèmes automatisés de détection des chaleurs est assez élevé. Il faut compter entre 80 et 130 € par collier et y ajouter le prix de l’antenne de réception et le logiciel qui oscille entre 3 000 et 4 000 €. Pour un troupeau de 50 laitières, l’investissement est de 8 000 à 10 000 €. L’Idele a développé et mis en ligne sur son site Internet un outil de calcul simple pour mesurer l’intérêt économique de s’équiper de ce genre de technologie*. « L’éleveur renseigne la race, le nombre de vaches, la quantité de lait livré, si les vêlages sont groupés ou étalés, l’intervalle vêlage-vêlage (IVV) et l’IVV espéré. Il faut ensuite préciser le type d’équipement désiré pour la détection des chaleurs afin d’évaluer le montant de l’investissement », décrit Clément Allain. L’outil de calcul révèle ensuite s’il y a un intérêt économique pour l’élevage à investir dans ce genre de technologie. Cet intérêt économique est fortement corrélé aux performances d’élevage de départ : si l’IVV est déjà bon, il y a peu de chance d’y trouver une rentabilité.

« Aujourd’hui, le retour sur investissement n’est pas toujours évident. Il est possible de l’améliorer en achetant moins de colliers et en les passant de vache en vache suivant l’avancement dans la lactation. On voit aussi arriver de nouvelles entreprises proposant des offres avec des prix plus intéressants. Avec la technologie par accéléromètre pour détecter les chaleurs, il y a énormément de données collectées qui ne sont pas valorisées. Certains éleveurs utilisent encore des systèmes simples comme les marqueurs de couleur pour la détection des chaleurs, ça fonctionne très bien et c’est peu coûteux », conclut Clément Allain.

* Sur le site Internet idele.fr aller dans l’onglet « services » puis « outils » puis « détection automatique des chaleurs » pour accéder à l’outil de calcul

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