Economie, marchés et gestion

Appellation d’origine agricole certifiée !

L’assemblée générale de la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole s’est tenue la semaine passée à Rennes devant plus de 300 personnes. Thème de cette édition 2019 : les mutations qui ouvrent le champ des possibles.

« Au sein du groupe, nous avons une affection particulière pour la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole, rappelle d’emblée Jean-Pierre Denis, président d’Arkéa. Elle dit beaucoup de nos origines, de notre histoire. Car nous sommes tous des héritiers de l’Office central des œuvres mutuelles agricoles de Landerneau », dont la Caisse de Bretagne était l’outil financier.
Puisant ses racines dans le monde agricole breton, la CBCMA incarne ce lien si particulier qui unit le groupe coopératif à l’agriculture régionale. Forte d’une cinquantaine d’administrateurs – tous professionnels de l’agriculture – répartis en quatre sections départementales, la branche spécialisée du CMB constitue un atout indéniable pour le développement agricole de la banque territoriale. Celle-ci peut également compter sur les compétences des quelque 400 agriculteurs (15 % des effectifs) qui siègent dans les conseils d’administration de ses caisses locales ainsi que sur l’expertise des 120 salariés spécialistes agricoles qu’elle compte à travers la Bretagne.
Un maillage dense du territoire, des binômes administrateurs/salariés qui jouent intelligemment la carte de la complémentarité : autant de paramètres qui contribuent au succès de l’approche proposée par le CMB en agriculture. « En 10 ans, nous avons multiplié par deux nos financements à l’agriculture, se félicite Jean-Pierre Denis. Sur la même période, notre part de marché dans l’installation des jeunes agriculteurs a progressé de 14 points. Nous sommes l’autre banque de l’agriculture, celle qui offre une alternative ».

Pas une banque comme les autres

À travers la CBCMA, c’est aussi toute une géographie qui imprègne Arkéa. Celle d’une région qui a vu le groupe naître, grandir, recruter et se développer. « Ce territoire breton est dans nos gènes, nous entretenons avec lui un lien presque charnel. Et cela explique pourquoi nous avons toujours refusé notre intégration dans un groupe centralisé. Nous ne voulons pas être une banque comme les autres », insiste Jean-Pierre Denis.
Rappelant le poids de l’agroalimentaire breton – un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros, 55 000 emplois, soit plus du tiers de l’emploi industriel régional -, il affiche sa conviction : Arkéa a un vrai rôle à jouer dans ce secteur. Via l’accompagnement des filières, en intervenant comme investisseur en capital ou encore en soutenant la diversification et l’émergence de nouveaux modèles de production.

Retour aux sources

Alors qu’Arkéa se trouve à un carrefour de son histoire, c’est vers les fondamentaux de la coopération agricole que le groupe se tourne. « Avec le choix de l’indépendance, nous revenons à la source du mouvement coopératif ». Pas question de toucher à l’organisation en pyramide inversée, à la détention du groupe par les caisses locales, à l’élection des administrateurs par les sociétaires ou à la mise en réserve de l’ensemble des résultats, propriété exclusive des coopérateurs. Car tous ces principes continueront bien à guider Arkéa qui est même déterminé à aller plus loin encore, comme en offrant, par exemple, la possibilité d’associer les sociétaires directement au financement du groupe. « Notre objectif n’est pas de sortir du monde coopératif mais d’y entrer davantage encore », martèle Jean-Pierre Denis.

Le propre des coopératives étant de fonctionner sans perdre de vue leurs valeurs, Arkéa considère que son rôle et sa responsabilité ne sauraient se résumer à ses seules performances financières. L’an prochain, les statuts seront donc modifiés et intègreront une « Raison d’être » qui fera toute leur place à des notions telles que le sentiment d’appartenance au collectif, le bien vivre avec le territoire, le temps long, l’exigence de proximité ou l’attention portée à toutes les parties prenantes, des précurseurs aux plus fragiles. L’héritage de la Caisse de Bretagne n’a pas fini de fructifier !

Un supplément d’âme
« Arkéa est un partenaire de la Bretagne. C’est l’un de nos porte-drapeaux, il montre une image forte et fière d’une région qui entreprend ». Invité de cette édition 2019, Loïg Chesnais-Girard, témoigne des excellentes relations existant entre la collectivité territoriale et le groupe coopératif. « Ensemble, nous avons su inventer des choses qui n’existent pas ailleurs. Et dans un monde où la fluidité des échanges fait la différence, je sais qu’avec Arkéa j’ai un interlocuteur qui me répond rapidement ». Le président de Région insiste sur les transformations profondes que traverse la société. « Nous vivons des mutations en permanence. Cela génère des angoisses mais aussi des opportunités. Il faut devancer les changements plutôt que de les subir ». Illustration dans le domaine de l’agriculture et de l’agro-alimentaire, avec l’émergence de ce que Loïg Chesnais-Girard nomme le « bien manger ».

« Mettons-nous tous ensemble autour de la table, agriculteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs, financeurs, chercheurs pour préparer ces transformations. Pour proposer une agriculture avec un visage et des valeurs qui pourra être un modèle ailleurs en Europe ». Inventer le modèle breton de demain, c’est aussi l’esprit de la Breizh Cop, déclinaison régionale de la conférence de Paris sur le climat, qui réunit un ensemble d’acteurs désireux de s’engager afin de négocier au mieux les transitions et les ruptures. Evoquant plus particulièrement la transition numérique, le président de Région souligne le déploiement de la fibre sur l’ensemble de la Bretagne d’ici à 2026. Et, sur le plan de la sécurité des données personnelles et des entreprises, il confirme la volonté de faire de la Bretagne une place forte de la cybersécurité. « Nous passons aujourd’hui des pouvoirs centralisés à des pouvoirs horizontaux. Nous avons tous besoin de nous parler. Cela demande de la souplesse, de l’agilité ». En outre, les gens sont actuellement en quête de sens, à la recherche d’un supplément d’âme. « Le citoyen appréhende de perdre le contrôle. Quelles que soient les structures, il a besoin de savoir qui décide. C’est ainsi que l’on va le reconquérir, répondre à sa soif de découverte et d’aller de l’avant. C’est le combat de la Bretagne. C’est le combat d’Arkéa ! »

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