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“Faire pâturer le plus longtemps possible”

Le pâturage constitue 50 % de la ration annuelle des 46 vaches laitières de l’EARL Pacea, en bio depuis 2009. Pour favoriser l’implantation du trèfle, les prairies sont toutes semées au printemps.

Sur l’EARL Pacea, situé à Pipriac dans le sud de l’Ille-et-Vilaine, le pâturage est un pilier du système. Philippe Brière bénéficie de 34 ha accessibles sur 46 ha de SAU. « Pour garantir une efficacité économique, je cherche à pâturer le plus longtemps possible. Au 15 avril, je n’ai plus rien dans les silos, les vaches passent en pâturage à 100 %. Ensuite, quand la pousse devient moins importante, je complète avec du foin et de l’enrubannage fait au printemps », a expliqué l’éleveur lors d’une des rencontres de la Semaine du lait bio, organisées par les Chambres d’agriculture de Bretagne cette semaine.

Les refus fauchés après les animaux

Pour optimiser le pâturage, l’éleveur a revu plusieurs fois l’organisation du parcellaire. « Les 18 paddocks font en moyenne entre 1 et 1,2 ha et les vaches y passent 2 jours au printemps, avec un fil avant déplacé matin et soir. Les refus sont broyés en sortie de parcelles sur deux cycles, pour maîtriser l’épiaison des graminées. »
Les prairies pâturées sont constituées de RGA diploïde (6,5 kg/ha), de RGA tétraploïde (10 kg), de fétuque des prés (5 kg), de trèfle blanc agressif (3 kg), de trèfle blanc semi-agressif (1,5 kg) et de trèfle hybride (3 kg). Elles restent en place 5 ans et sont suivies d’un an de maïs et d’une dérobée de RGI / trèfles avant de revenir sur la parcelle. Toutes les prairies sont semées au printemps, pour permettre une bonne implantation du trèfle et limiter le risque de gel et les adventices. « C’est vrai que les rendements sont plus faibles la 1re année (2 t MS/ha), mais ils sont compensés par les dérobées (3 – 4 t MS/ha). » Du côté des stocks, l’éleveur joue la carte de la simplicité.

Deux coupes principales

Représentant 40 t MS, l’ensilage d’herbe est réalisé en une seule coupe sur les prairies de fauche et les dérobées, autour du 1er mai. « L’ensilage de maïs est ensuite mis sur l’herbe, en silo sandwich. » Le foin (20 t MS) est réalisé en 2e coupe en juin ou juillet. Les excédents de pâturage sont gérés en enrubannage (10 t MS). Tous les travaux sont délégués à une ETA.
Sur les parcelles plus éloignées, la rotation est constituée de 4 ans de prairies fauchées, une année de maïs et deux années de céréales. Sur environ 4 ha, un mélange constitué de 65 % d’orge, de 27 % de pois protéagineux et de 8 % de pois fourrager produit à la moisson 45 à 50 q/ha. « Cela fournit aussi un peu de paille. Semé entre le 15 et le 20 mai pour éviter le taupin, sur environ 4 ha, le maïs offre un rendement moyen de 10 t MS/ha. Une fauche est faite avant le semis. »

50 tonnes de foin achetées

Pour compléter l’alimentation, 50 t de foin sont achetées à l’extérieur pour 200 €/t. C’est le seul achat d’alimentation sur l’élevage. La ration hivernale est constituée d’ensilage d’herbe et de maïs, de paille, de foin et du mélange orge/pois (1 kg). « Mon objectif est de ne pas faire déraper sur les coûts pendant l’hiver », précise l’éleveur.

Efficacité économique
Les vaches ont produit 270 000 L sur la dernière campagne (5 900 L/VL) avec un coût alimentaire de 63 €/1 000 L : 16 € de concentrés et 47 € de fourrages (dont 25 € d’achat). Le système de production a permis à l’éleveur de dégager un EBE de 364 €/1 000 L sur 2017/18. Sur l’exploitation, l’équipement se limite à un tracteur – chargeur et une mélangeuse. Le troupeau est croisé Holstein / Simmental. « Le nombre de lactations par vache est de 4 en moyenne. Je cherche à l’augmenter encore. Pour ne pas être tenté d’élever des génisses, je ne fais que 10 % d’IA avec un taureau laitier, les autres femelles sont inséminées en Charolais », confie Philippe Brière. Pour avoir un week-end sur deux et des vacances, il embauche un salarié à mi-temps.
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