Seul sur son exploitation, Pascal Le Moal privilégie un système alimentaire simple alliant ensilage de maïs en libre-service, foin au râtelier, Dac et pâturage. - Illustration Se donner les moyens de travailler seul
Seul sur son exploitation, Pascal Le Moal privilégie un système alimentaire simple alliant ensilage de maïs en libre-service, foin au râtelier, Dac et pâturage.

Se donner les moyens de travailler seul

Mardi 12 février, pour l’assemblée générale du syndicat de race Armor Prim’Holstein, Pascal le Moal, à Locarn, a présenté son élevage caractérisé par le libre-service au silo, la vente d’animaux et la délégation des travaux.

Aujourd’hui, l’élevage de Pascal Le Moal, installé à Locarn, livre environ 650 000 L de lait par an. Travaillant seul depuis que ses parents ont fait valoir leurs droits à la retraite en 2002, le Costarmoricain privilégie « un système simple » et fait des choix tranchés pour être « efficace ».

Ensilage de maïs en libre-service

Point fort de l’exploitation « suite à de bons arrangements avec les voisins », parmi les
118 ha de SAU, 85 ha sont accessibles directement autour des bâtiments « sans que les vaches n’aient besoin d’emprunter ou de croiser une route ». Le pâturage a lieu du 15 février au 15 décembre, « parfois même davantage si les sols portent et qu’il y a de l’herbe à disposition ». Le régime s’appuie pour le reste sur de l’ensilage de maïs en libre-service, complété par du foin. Le troupeau est limité à 65 vaches en production maximum. Cela correspond à la saturation à la fois de l’aire paillée sous le bâtiment et des 10 mètres linéaires de front d’attaque au silo.

Ne pouvant donc pas jouer sur l’effectif, Pascal Le Moal vise un niveau d’étable élevé. Les résultats techniques 2017 / 2018 (source BCEL Ouest) parlent d’une production de
10 704 kg de lait par vache par an (9 175 L livrés) à 31,3 g / kg de TP et 36,8 de TB. À ce titre, le Dac joue un rôle important pour la distribution de tous les aliments (correcteur 70 / 30, concentré de production, minéral et propylène). À l’arrivée, le coût alimentaire se situe à 123 € / 1 000 L dont 89 € pour les concentrés (2 224 kg / VL / an).

Tout déléguer à l’entrepreneur de travaux

Par ailleurs, les travaux des champs sont totalement délégués à l’ETA Chambry à proximité. Un choix délibéré du producteur de lait : « Je ne suis pas très “matériel”. Il coûte cher à l’achat mais aussi à l’entretien : il est difficile à amortir. Et puis, étant avant tout très animalier et travaillant seul, je veux être à 100 % concentré sur l’élevage. » Le prestataire de services réalise ainsi le travail du sol, les semis, la pulvérisation, la fumure, les récoltes, l’élagage, le débroussaillage… « Tous les deux mois, l’entrepreneur vient également avec un chargeur télescopique et deux remorques et réalise une journée de curage de toutes les étables. Moi, je ne m’occupe que de repailler », précise Pascal Le Moal.

Au final, la facture de cette délégation s’élève à environ 50 000 € par an, prélevés mensuellement. « Je ne discute jamais de prix. J’attends simplement une prestation de qualité. D’ailleurs, je ne pourrais pas rivaliser avec la précision de chantier atteinte par mon prestataire avec du matériel dernier cri : pour les traitements ou les apports d’engrais, précision et modulation des doses permettent d’économiser rapidement des sacs d’engrais ou des bidons de produits. » Un système de délégation que l’éleveur conseillerait à tout jeune au profit du temps libéré pour se consacrer à la conduite des animaux, au cœur du métier de producteur de lait.

Plus de 60 animaux vendus par an

Pascal Le Moal, éleveur à Locarn (22). Pascal Le Moal, éleveur à Locarn (22).

Passionné de sélection et privilégiant la génétique canadienne depuis 30 ans, Pascal Le Moal suit, lui, son cheptel de près. « Je consacre du temps à la surveillance. Je déteste perdre un veau par exemple. » De nombreux produits quittent ensuite son élevage vers d’autres zones françaises ou vers l’Allemagne ou l’Espagne par exemple. Une trentaine de vaches en lait sont vendues par an. Depuis 15 ans, le Breton commercialise également des reproducteurs.

« L’année dernière, 33 mâles de 12 et 15 mois sont partis. Je pensais diminuer cette activité mais les clients sont fidèles et la demande reste soutenue. Certains utilisent un taureau pour le rattrapage sur les génisses, d’autres achètent un mâle tous les 6 mois pour saillir tout le cheptel… » Consciencieux, Pascal Le Moal suit de près ses accouplements et veille lui-même à ne pas proposer une même origine à un client. De même, les mâles porteurs d’une anomalie génétique partent à 8 jours pour ne pas être commercialisés à la reproduction.

Drenchage au vêlage pour un bon démarrage

À la mise bas, les vaches sont systématiquement drenchées. « C’est un coup de main à prendre. Cela permet de leur apporter de quoi bien démarrer. Ainsi, il n’y a aucun problème d’ordre métabolique au démarrage en lactation », explique Pascal le Moal. Dernièrement, un animal n’a pas reçu cette attention. « J’ai trouvé que la mamelle ne réagissait pas de la même manière après le vêlage. » Seules les primipares (pas encore assez habituées à être manipulées) et les animaux présentant des symptômes de fièvres de lait ne sont pas drenchées par précaution. À noter, par ailleurs, que les premiers litres de colostrum sont toujours traits à la main : « Cela limite le stress de l’animal qui donne mieux son lait pour une distribution immédiate au nouveau-né. » Enfin, en cas de mammite colibacillaire, plusieurs drenchages successifs sont également réalisés. « Cela favorise l’évacuation des toxines par les urines. »

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