Pour l’anniversaire de ses 20 ans, Camille Plainfossé a reçu un drôle de « cadeau collectif » : son père, Alain, et ses proches lui ont offert Bot Califa, le premier animal rouge du troupeau familial. - Illustration Prim’Holstein au Salon de l’agriculture : Fraîche vêlée, déjà qualifiée
Pour l’anniversaire de ses 20 ans, Camille Plainfossé a reçu un drôle de « cadeau collectif » : son père, Alain, et ses proches lui ont offert Bot Califa, le premier animal rouge du troupeau familial.

Prim’Holstein au Salon de l’agriculture : Fraîche vêlée, déjà qualifiée

Habituée des podiums avec Roz Caraïbes il y a quelques années, l’EARL de Pléroz revient, après 4 ans d’absence à Paris, grâce à l’invitée surprise Bot Califa.

Qu’est-ce qu’un père éleveur peut offrir à son fils passionné de belles vaches pour ses 20 ans ? « Je voulais quelque chose d’un peu particulier pour marquer le coup », raconte Alain Plainfossé, installé à Roz-Landrieux (35). Préparant son coup à l’avance, l’idée d’offrir une génisse a rapidement germé et tous les proches du jeune homme se sont alors cotisés. Mais attention, pas n’importe quelle génisse : « Une Rouge, c’est plus rare, plus difficile à trouver et plus remarquable dans le troupeau. Mais ce qui en ont ne sont pas forcément vendeurs… »

Le présent du futur

Heureusement, quelques années auparavant, Camille, le futur vingtenaire, avait effectué un stage au Gaec Botrel à Hillion (22). Un élevage réputé pour la qualité de son cheptel rouge. « Ludovic et Arnaud Botrel ont gentiment accepté de jouer le jeu. La veille de la fête, je suis passé chez eux choisir un veau. C’était plus simple à déplacer ensuite. Dans la nurserie, j’ai craqué pour Bot Califa, une génisse de 4 mois qui m’a plu tout de suite », se rappelle Alain Plainfossé. Le lendemain, les naisseurs sont venus la remettre en main propre au jeune homme. « C’était un moment très émouvant. Je n’aurais jamais imaginé un tel présent », confie-t-il. Ce dernier, actuellement technicien pointeur chez Prim’Holstein France mais préparant son installation prochaine, a rapidement réalisé qu’un challenge excitant s’offrait pour l’avenir : « Cet animal incarnait le début d’une nouvelle famille à travailler dans notre troupeau. »

Cependant, personne chez les Plainfossé ne se doutait que Bot Califa (O Kalif x Sid) n’avait pas fini de surprendre et de ravir. Arrivée en septembre 2017 à Roz-Landrieux, elle a mis bas le 7 janvier dernier et a presque pris en marche le train pour le Salon de l’agriculture. « Nous ne pensions pas du tout à Paris. Mais son premier vêlage s’est très bien passé et depuis elle évolue bien : c’est une vache assez fière, avec du style, des qualités dans l’avant-main et le squelette, une mamelle haute et soudée dans l’abdomen… Actuellement, son pis se dessinent et ses attaches se raffermissent. Nous l’avons proposée à la sélection à la dernière minute et elle a été prise », apprécient Camille et Alain.

Descendante de la fameuse vache suisse EX 97 O Kalibra et arrière-petite-fille de la championne rouge du National de Lezay (50) en 2010, il faut dire que cette primipare a de qui tenir. Même si elle est peu « fraîche » pour être à son optimum à la Porte de Versailles (« Il aurait fallu qu’elle vêle au moins 15 jours plus tôt »), les deux passionnés de Holstein sont comblés d’avoir tiré le « ticket gagnant » pour une des 15 places réservées aux Rouges.

La relève de Roz Caraïbes ?

Cela marque en fait le retour de Pléroz à Paris après 4 ans d’absence. Et comme un symbole, Bot Califa a débarqué en 2017 une semaine après la disparition de EX 93 Roz Caraïbe (September x Terrasson), longtemps fer de lance de l’élevage sur les rings (Championne départementale en 2011 et 2014, quatre 1er prix et Réserve championne jeune au Space, puis représentante française à la Confrontation européenne de Crémone en 2010…). « Avec Roz Caraïbes, nous nous étions pris au jeu. Cette jeune vache rouge semble avoir le caractère pour exister sur les concours. Mais nous sommes déjà très satisfaits d’être au rendez-vous de la capitale tant la concurrence est vive », termine Alain Plainfossé. Préselectionnée pour la Confrontation européenne de Libramont en Belgique en avril prochain, Bot Califa n’en est peut-être qu’au tout début de son histoire.

En France, au 17e rang en Morphologie

Les Plainfossé ont commencé à travailler la souche Pen Duick (Gaïac x Eroyal) il y a une vingtaine d’années. « Nous avons mis l’accent sur la morphologie et recouru à des collectes pour la démultiplier rapidement. Aujourd’hui, elle représente 60 % du cheptel. Les vaches de cette famille ont beaucoup de caractère et présentent une bonne longévité. » En 2018, l’EARL de Pléroz se situait à la 17e place en Morphologie en France. Les derniers résultats de pointage donnent 85,5 en Note Globale, 86,6 en Mamelle, 85,8 en Format pour 129 d’Isu moyen. Chez les adultes, on peut souligner + 1,39 en index Mamelle et + 1,76 en index Morphologie. Et chez les jeunes, + 1,04 en Membres et + 2,22 en Morphologie. Les éleveurs ont beaucoup utilisé Shottle, Goldwyn et ses fils. Actuellement, ils apprécient Chiefstone, Denver, Louxor, Doc et Classic. « En mettant l’accent sur la morphologie, les mamelles et les pattes, nous avons parfois utilisé des mâles négatifs en TP et en MG. Aujourd’hui, dans les accouplements, nous cherchons à maintenir la production tout en ramenant des taux en faveur de la paie de lait. » Animaliers dans l’âme, les Plainfossé aiment faire vêler et utilisent essentiellement de la semence sexée : « Chaque année, 90 femelles naissent, permettant d’accentuer la pression de sélection, et 30 à 40 vaches en lait sont vendues. »

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