L’agriculture en action pour réduire son empreinte carbone

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L’agriculture dispose d’atouts décisifs pour réduire son empreinte carbone et aller plus loin grâce au stockage du carbone. Ces solutions peuvent également apporter un gain économique à l’exploitation.

L’Ademe estime aujourd’hui la part de l’agriculture dans la production des énergies renouvelables en France à plus de 20 %. Elle pourrait atteindre 30 % en 2050. En effet, l’agriculture est désormais capable de produire de l’énergie, gaz et électricité, mais aussi de la chaleur grâce à ses installations photovoltaïques, éoliennes et de méthanisation. Elle exploite également son bois énergie provenant de l’entretien des haies et produit du biocarburant grâce à la culture de plantes dites énergétiques.

Séquestration du carbone dans le sol

Les terres agricoles sont mises à profit pour capter les émissions excédentaires de CO2 car le sol comporte au moins deux fois plus de carbone organique que l’atmosphère. Les sols couverts et riches en matière organique assurent ainsi pleinement ce rôle de « puits de carbone ». Il est donc intéressant de développer les surfaces en herbe et le pâturage, généraliser les cultures intermédiaires ou encore implanter des haies.

Optimisation de la fertilisation azotée

Les agriculteurs mettent en place différentes actions afin de limiter les émissions de protoxyde d’azote (N2O) : ce gaz est dégagé dans l’atmosphère lors de l’épandage d’engrais azoté et représente une pollution 298 fois plus importante que le CO2. Une meilleure valorisation des déjections animales, l’utilisation d’outil de pilotage de la fertilisation, le fractionnement des apports ou l’implantation de légumineuses limitent le relâchement de N2O dans l’atmosphère.

Économie d’énergie

L’optimisation de l’utilisation des engins agricoles par une adaptation à la conduite (éco-conduite) ainsi que le recours à des équipements performants et économes agissent sur la consommation d’énergie fossile. Le poste bâtiment est aussi un point clé à étudier dans une exploitation agricole : isolation, échangeur de chaleur, régulation… L’investissement peut être onéreux, mais les économies d’énergie engendrées peuvent s’avérer toute aussi importantes et réduire la facture de l’exploitation liée au bâtiment.

Amélioration de la nutrition animale

En production animale, l’autonomie protéique permet de limiter l’empreinte carbone liée à l’importation d’aliments comme le soja. Les éleveurs développent alors des cultures et des fourrages riches en protéines et cherchent à optimiser les pâturages. Ces pistes favorisent aussi l’indépendance alimentaire des éleveurs et peuvent s’avérer bénéfiques économiquement. Il est aussi possible de réduire les émissions de méthane par les bovins avec l’introduction notamment de graine de lin. La filière Bleu Blanc Cœur exploite pleinement cette piste.

3e rang pour l’émission de GES

En France, l’agriculture se classe au 3e rang des secteurs économiques pour ses émissions de gaz à effet de serre (GES), après le transport et le résidentiel, avec une contribution de 17 % des émissions totales. Cependant, contrairement à beaucoup de secteurs qui ont peu de moyens d’action, l’agriculture dispose de marges de manœuvre importantes pour, d’une part, réduire ses émissions, et, d’autre part, les compenser via le stockage du carbone.

Stéphane Le Biavant/Cogedis


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