Ille-et-VilainePolitique et Syndicalisme

La Conf’ dénonce l’accaparement des terres agricoles

Pour dénoncer l’artificialisation toujours trop importante des terres agricoles, la Confédération paysanne a manifesté en marge de l’inauguration officielle de la déviation de Dol-de-Bretagne mardi dernier.

Alors que de nombreux élus sont venus inaugurer le contournement sud-est de Dol-de-Bretagne le 18 décembre, une vingtaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne d’Ille-et-Vilaine avait aussi fait le déplacement. « Nos terres ne sont pas un terrain de jeu : protégeons le foncier agricole », ont martelé les agriculteurs qui ont bloqué le bus des élus. « Nous souhaitions mettre les politiques face à leurs contradictions et faire entendre la voix des paysans. » Le président du conseil départemental, Jean-Luc Chenut, est venu longuement échanger avec les manifestants. La Confédération paysanne a ainsi pu rappeler ses préoccupations sur la disparition du foncier agricole et un semis de blé symbolique a été réalisé sur le rond-point.

« De la nourriture plutôt que des voitures »

« Aujourd’hui, la France n’est autonome qu’à 50 % en terre agricole. Tous les 6 ans, un département disparaît. Un hectare artificialisé en France, c’est un hectare de plus en déforestation, c’est aussi plus d’huile de palme, plus d’importations de soja OGM… », soulignent les adhérents de la Confédération paysanne 35. « Il est urgent de sanctuariser nos terres nourricières. »

15 exploitations impactées

La déviation de Dol-de-Bretagne a impacté trente-huit propriétés et quinze exploitations agricoles et a coûté au total 12 millions d’euros, dont 4,5 millions pour la construction d’un viaduc de 292 m, qui surplombe le marais et le fleuve Guyoult. « 12 hectares de très bonnes terres ont disparu. Dol n’est pas une ville enclavée et a déjà sa déviation est-ouest. Le plus gros transporteur de poids lourd et les cars du ramassage scolaire passeront toujours par le centre-ville. Les seuls usagers qui en « profiteront » vraiment, ce seront les touristes qui pourront aller sur la côte sans passer par la ville de Dol. Ce qui n’est pas forcément judicieux pour les commerçants du centre-ville… »

Les citoyens doivent être consultés
La Confédération paysanne demande que les citoyens soient consultés sur ces gros projets qui mobilisent beaucoup d’argent public. « Notre métier aussi représente une activité économique, à l’heure où l’on parle de circuits courts, de relocalisation de notre agriculture. Un paysan qui s’installe en agriculture paysanne, c’est un emploi non délocalisable, cela peut être aussi une école qui ne ferme pas, une commune rurale qui se dynamise… Avec la transition écologique qui nous attend, sont-ce bien ces nouvelles infrastructures destructrices de terres qui ont de l’avenir ? », interroge le syndicat.
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