Le prélèvement de semence à la ferme ne s’improvise pas

verrat - Illustration Le prélèvement de semence à la ferme ne s’improvise pas
Le prélèvement de semence à la ferme peut être intéressant économiquement. Il nécessite d’avoir des bâtiments et des équipements de qualité, une main-d’œuvre qualifiée et un nombre de verrats adapté.

15 à 20 % des éleveurs prélèvent de la semence à la ferme, pour des résultats de prolificité globalement similaires à l’utilisation de doses de centres d’insémination. Si la technique assure une réelle autonomie, elle compte quelques contraintes à prendre en compte. La technicité et la disponibilité de la main-d’œuvre, en premier lieu. « Il faut au moins deux personnes capables d’assurer cette tâche afin de gérer les congés, les absences… », indique Paul Blons, technicien du groupement Evel’up. Le suivi des verrats, la méthodologie, l’hygiène et le contrôle des semences exigent de la rigueur et un réel intérêt des éleveurs « Cette activité peut être source de motivation pour la personne qui maîtrise ainsi toute la chaîne de la reproduction sur l’élevage. De plus, la semence est disponible à tout moment ».

Moins de 25°C

Comme pour les truies, le confort du verrat doit être assuré dans un bon bâtiment. « Un bloc séparé est plus adapté. Le sol doit impérativement être sec pour une bonne hygiène et une faible contamination du fourreau ». Un appoint de chauffage peut être nécessaire en hiver, en veillant à maintenir la température à moins de 25°C. Au-delà, notamment au-dessus de 28°C, l’effet négatif peut être rapide et important pour la qualité de la semence. Il faut donc prévoir, pour la période estivale, une brumisation ou un cooling à l’entrée. À proximité, le laboratoire doit être équipé de manière à assurer une bonne hygiène (plan de travail, sols et murs faciles à laver et à désinfecter). « Les moyens de production et de contrôle (microscope, colorimètre) doivent permettre d’éviter tout risque de dégradation des performances ».

Contaminants

L’introduction de jeunes verrats dans l’élevage nécessite de raisonner comme pour les cochettes, avec une véritable quarantaine dans laquelle a lieu les contaminations de base (déjections, contacts avec des réformes) et le protocole vaccinal. « L’objectif est de protéger le verrat d’une contamination trop forte et d’éviter qu’il ne tombe malade et devienne un excréteur potentiel ». Dans le cadre d’un élevage indemne des principaux contaminants potentiels (SDRP, Actinobacille), il est possible d’envisager un contact régulier avec les truies. Pour les autres, faut-il chercher à les garder indemnes dans un local séparé avec toutes les précautions d’accès ? « Ce n’est pas réaliste, sur un même site et avec des intervenants communs », répond Paul Blons.

À l’écart de la recherche

Dans le choix de prélever à la ferme et outre l’aspect économique (cf. tableau), l’éleveur doit avoir à l’esprit les évolutions de la recherche et des techniques que les CIA pourront optimiser plus facilement, tels que la sélection sur les semences (composition, type de protéines…) ou encore le sexage éventuel de la semence.

Un verrat pour 100 à 140 truies

Le verrat adulte peut produire et renouveler son stock de semence tous les 5 jours. La concentration diluée doit se situer entre 2,5 et 3 milliards de spermatozoïdes par dose. Le fonctionnement doit permettre de produire le nombre de doses nécessaires : le dépannage en achat ponctuel est coûteux. Un verrat peut être prélevé chaque semaine pour une production maximale de 20 à 25 doses par semaine soit 1 000 à 1 200 doses par an. En conduite en 10 bandes, il est possible de faire deux prélèvements par bande sur deux tiers des verrats. Dans tous les cas, la production minimale doit être d’au moins 700 à 800 doses par an pour une bonne qualité de semence.


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