Élevage

L’Aberdeen Angus, dans l’air du temps

Docilité, qualité de viande, sans cornes, précocité…

Le bien-être du cheptel est favorisé au maximum par Caroline Wilvers qui s’est installée en race Aberdeen Angus à Pommerit-le-Vicomte (22). Elle commercialise des reproducteurs et se lance dans la vente directe.

Sur l’exploitation de Caroline Wilvers, tous les bovins, même les taurillons, sortent pâturer dès que le temps le permet. Ils profitent des 35 ha de pâtures, affichant leurs belles silhouettes noires et rondes. Le parcellaire compte en plus 20 ha de bois et haies qui permettent aux animaux de s’abriter du soleil et de la pluie. « Les mâles recevront juste un peu de céréales, 1 à 2 kg/jour sur un mois en finition », explique l’éleveuse d’origine belge.

Installation en mars 2017

C’est en mars 2017 qu’elle a franchi le cap d’une installation en Bretagne, rompant avec son métier d’inspecteur de police dans le « plat pays ». Passionnée depuis toujours par les animaux, mais non originaire du monde agricole, la jeune femme a passé un BPREA et a pu bénéficier des aides jeunes agriculteurs. « En Belgique, j’avais mis de l’argent de côté pour m’acheter une maison. Toutes mes économies sont passées dans ce projet, avec l’achat des bovins, des bâtiments et des terres. Mon père s’est porté caution pour le prêt. »

Côté cheptel, elle a fait le choix original de l’Aberdeen Angus, race onéreuse, mais qui lui « correspond parfaitement. » Pour l’éleveuse, la vache originaire d’Écosse n’a que des qualités : « Elle est rustique, docile, maternelle et dotée d’un lait riche. L’Angus vêle facilement, à deux ans. Les veaux naissent petits mais montrent ensuite de fortes croissances. »

Reproducteurs mâles et femelles

Autre intérêt et non des moindres pour Caroline Wilvers, « l’Aberdeen Angus possède le gène dominant « sans cornes ». Écorner aurait été difficile pour moi et les risques sont réduits lors des manipulations des animaux. » Tous les veaux issus d’un parent de cette race n’ont pas de cornes. « Cela peut être intéressant pour du croisement », précise l’éleveuse qui commercialise des reproducteurs mâles et femelles. Sur des races laitières, un taureau Angus en croisement peut aussi apporter « de la qualité de viande, du rendement et de la facilité de vêlage. »

Certes, la race présente plutôt des individus de taille moyenne, mais massifs. « Ils pèsent entre 650 et 800 kg vif. » La viande d’Angus est tendre et persillée. « Je commence actuellement la vente directe, auprès des particuliers et des restaurateurs. Je vais demander à ces derniers de visiter l’élevage pour pouvoir raconter mes méthodes de production à leurs clients. »

La ferme, qui compte actuellement 36 mères plus les veaux et 18 taurillons, est en 2e année de conversion bio. « Je ne mets aucun engrais, sauf le fumier issu de la litière paillée de l’hiver. L’alimentation est quasiment exclusivement constituée d’herbe : pâturage, foin et enrubannage. Je me suis équipée d’une faucheuse, d’une faneuse et d’une andaineuse. Un producteur bio de Pabu me vend aussi des fourrages ».

Outre l’accès au plein air pour l’ensemble des animaux, été comme hiver, aucune insémination artificielle n’est pratiquée sur l’élevage. « Je passe voir tous les animaux plusieurs fois par jour, je les caresse dès leur plus jeune âge. Ensuite, je peux les déplacer facilement. » Les vêlages sont groupés de fin avril à fin juin au pâturage, pour des aspects sanitaires et avoir de l’herbe de qualité en début d’allaitement. Pour soigner ses animaux, l’éleveuse utilise en première intention de l’homéopathie ou des huiles essentielles et a souvent recours à l’ostéopathie. Caroline Wilvers évoque une première année d’activité difficile, avec la remise en état des terres qui étaient en friches, et un hiver très pluvieux. Mais elle prend peu à peu ses marques et la passion pour ses bovins reste intacte.

Des animaux d’Écosse
Pour se lancer, Caroline Wilvers a acheté 32 femelles gestantes, 5 génisses, et 22 jeunes mâles en race pure. « Les animaux proviennent d’un même élevage d’Écosse qui m’a été recommandé par un juge de la race. » L’éleveuse a aussi fait venir un reproducteur d’un autre cheptel écossais, « Lord Jack », qui a une mère rouge et un père noir : les deux couleurs possibles de l’Aberdeen Angus. Certains veaux affichent donc une robe flamboyante… « Les animaux sont inscrits au herd-book écossais “The Aberdeen Angus Cattle society”. » La France compte autour de 15 éleveurs en race pure.

Site internet : www.aberdeen-angus-kergouezou.com

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