ÉlevageIlle-et-Vilaine

L’éclosion à la ferme offre de nombreux avantages

Un taux d’éclosion qui s’améliore, du tri en moins, une mortalité inférieure, moins de consommation d’antibiotiques et un indice de consommation qui s’améliore… Voici certains avantages constatés par Dominique Grasset sur son élevage avec deux ans et demi de recul sur l’éclosion à la ferme.
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Dominique Grasset, President Galliance

« C’est une vraie fierté de faire naître nos volailles dans nos poulaillers », déclarait Dominique Grasset, éleveur de poulets de chair à Cholet et président de Galliance, lors de la journée multiplication-accouvage organisée par l’Itavi, fin juin à Rennes (35). Une pratique peu courante puisque Dominique Grasset est le pionnier de l’éclosion à la ferme en France. « J’ai équipé un poulailler avec du matériel spécifique Vencomatic depuis deux ans et demi. Je viens d’investir pour le faire dans un 2e bâtiment.

Cinq autres éleveurs de Terrena se sont aussi équipés de ce système », déclare-t-il. Pour lui, l’éclosion à la ferme est une manière d’améliorer la qualité du démarrage. Cela influencerait la qualité des poussins, le bien-être animal et favoriserait la démédication.

poulailler
Les œufs sont disposés sur une structure métallique sur treuil qui remonte au plafond du poulailler une fois l’éclosion terminée.

Les œufs arrivent en élevage après 18 jours d’incubation

« Nous sommes partis du constat que le métier d’accouveur est loin d’être simple. Pour une livraison de poussins le jour J0 à 14 h, le 1er poussin sort de sa coquille plus de 48 heures avant cette livraison. Certains arrivent en élevage très déshydratés. De plus l’évolution génétique en volaille standard montre que les poussins ont besoin d’avoir accès rapidement à l’aliment après l’éclosion », constate le président de Galliance. Le démarrage des poussins au couvoir est une option possible mais pas réalisable concrètement pour les couvoirs.

Les œufs sont transférés du couvoir vers l’élevage à 18 jours d’incubation. Ils sont disposés sur une structure métallique suspendue à quelques centimètres au-dessus de la litière. « Les œufs sont à une température comprise entre 37,5°C et 38°C. Il faut contrôler cette température sur un échantillon d’œufs. Dès l’éclosion, les poussins ont accès à l’eau et à l’aliment. L’éclosion s’étale sur plusieurs jours, lors de mon dernier lot j’ai réceptionné les œufs le mardi à 10 h. Le mercredi à 8 h il y avait déjà des éclosions, les derniers poussins ont pointé leur bec dans la journée du vendredi. » Le plus gros du travail vient ensuite avec le comptage des œufs non éclos qui finiront à l’équarrissage. Une étape qui permet de connaître l’effectif exact de volailles dans le bâtiment. Dominique Grasset conseille de ne pas passer 100 % de son élevage en éclosion à la ferme. En chargeant les autres bâtiments en fin d’éclosion cela permet de compléter d’éventuels manques.

Un retour sur investissement en 7 ans

La ccopérative a mis en place un travail en filière afin d’évaluer les bénéfices d’une éclosion à la ferme. Pour ce faire, des lots sont mis en place dans des bâtiments équipés du système et comparés à des bâtiments témoins. Les œufs ou poussins proviennent du même parquet et ont le même J0. Les résultats moyens sur 12 lots de 32 500 poussins sont à l’avantage du système avec éclosion à la ferme. Le taux d’éclosion est amélioré de 0,8 %, il y a 0,3 % de tri en moins, la mortalité est inférieure de 0,8 %, la médication est inférieure de 20 % et l’indice de consommation s’améliore de 35 g.

Dominique Grasset annonce même améliorer son IC de 50 g. « Cette méthode est intéressante, elle répond à un besoin en volaille standard mais ce n’est pas applicable lorsqu’il faut sexer ou vacciner au couvoir », commente Louis Perrault, président du SNA. Si Dominique Grasset n’a pas donné d’ordre de prix pour ce genre de matériel, d’après ses calculs, le retour sur investissement se fait en 7 ans.

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