Cultures

Un accompagnement pour insérer du désherbage mécanique

Le bassin versant de l’Élorn a accompagné un groupe de producteurs dans le suivi technique de leur culture de maïs. L’objectif : réduire les indices de fréquence de traitement.

Utiliser une alternative à la solution chimique de désherbage n’est pas encore devenu un réflexe pour beaucoup de producteurs. La solution herbicide a certes de nombreux avantages : spectre large, possibilité de rattrapage, rapidité d’exécution… Pour aider les producteurs à utiliser des solutions mécaniques à la lutte contre les adventices, le bassin versant de l’Elorn (29) a mis en place un plan d’actions qui incite les producteurs à utiliser cette alternative.

Un technicien suit les parcelles et fait intervenir l’entrepreneur au stade idéal, quand les conditions météorologiques le permettent. Si les producteurs biologiques n’ont pas d’autres choix que d’utiliser ce mode de désherbage, les parcelles conduites en système classique ont la possibilité d’utiliser une solution chimique de rattrapage si l’état de salissement est trop important.

Retour de la houe au 22 mai, soit une semaine après la date initialement prévue. Les conditions n’étant pas bonnes les jours précédents, les véroniques ne seront pas impactées par cette intervention.
Retour de la houe au 22 mai, soit une semaine après la date initialement prévue. Les conditions n’étant pas bonnes les jours précédents, les véroniques ne seront pas impactées par cette intervention.

Suivi d’une parcelle

Étienne Salaun fait partie de ce groupe de producteurs finistériens. Installé à Saint-Urbain (29), il a semé son maïs le mercredi 3 mai. Un premier passage de houe rotative Einböck de 6 mètres de large est déclenché le 9 mai, par l’ETA de l’Élorn, implantée à Dirinon (29). « Le tracteur est chaussé de pneus larges à une pression de 800 à 900 grammes pour limiter les tassements. La houe travaille les 3 premiers centimètres de sol », indique Emmanuel Donval, un des gérants de la société. «

Morgan Maignan, Technicien  au Gab 29
Morgan Maignan, Technicien au Gab 29

Cette première intervention doit se réaliser avant le stade allumette du maïs, au stade filament de la mauvaise herbe, et 2 jours de beau temps consécutifs doivent suivre », précise Morgan Maignan, technicien du Gab 29 en charge du suivi de la parcelle. Cette première intervention présente des efficacités de 95 à 100 %. « En intervenant plus tard, à 2 feuilles de la mauvaise herbe, l’efficacité chute à 65 % ». En éliminant ces premières levées de mauvaises herbes, l’objectif est aussi de favoriser une deuxième levée, qui sera maîtrisée par un second passage de houe.

Les fenêtres météorologiques n’ont pas permis d’intervenir dans le créneau souhaité, à savoir au stade 2 feuilles du maïs. C’est donc le 22 mai que l’outil revient dans le champ. « Il aurait fallu revenir plus tôt, au moins une semaine avant ». Un retard pris dans le calendrier, dû à une météo capricieuse qui ne laissait que peu de temps pour sortir. « Nous pouvons tout de même chiffrer que 2 passages de houes permettent la réduction d’une dose de produit phyto ». L’objectif dans une stratégie de désherbage mécanique est d’aller plus vite que la mauvaise herbe…quand le temps le permet. Sur cette parcelle, les véroniques et les liserons se sont rapidement développés, et n’ont pas été affectés par le passage de la houe.

Le stade filament de l’adventice déclenche le premier passage.
Le stade filament de l’adventice déclenche le premier passage.

Pari gagné

Si le tout mécanique n’a pas pu être réalisé dans l’itinéraire de désherbage, le pari est tout de même gagné pour le producteur. Pour l’année prochaine, Etienne Salaun prévoit d’équiper « le semoir d’efface trace. Avec un semis en 4 rangs, les zones de passage de la roue du tracteur sont compactées, la houe a du mal à rentrer dans ces zones ». Même constat pour les champs ayant eu un passage de rouleau après le semis : si la surface devient plane, l’effet de la houe rotative est toutefois moindre, la terre étant trop rappuyée.

Les véroniques et renouées persicaires ont été rattrapées par un désherbage chimique. « Ce sont deux adventices historiquement présentes ». Sur l’ensemble des cultures suivies par le technicien, « les semis de fin avril ont été compliqués à gérés ; les cultures mises en terre plus tard ont été plus chanceuses. Lors d’un semis précoce au 23 avril, la graine a mis du temps à germer. Mieux vaut privilégier un sol chaud pour un bon démarrage et avoir ainsi une période la plus courte possible de concurrence entre les adventices et la culture », conseille Morgan Maignan. « Les producteurs bio n’ont quant à eux pas eu de soucis, les semis ayant été effectués le 15 ou le 23 mai ». Dans l’ensemble, les producteurs engagés dans la démarche sont satisfaits et l’ETA, qui a couvert une grande surface, a fait du bruit dans les campagnes de la région de Landerneau.

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