Edito

Choisir

Un monde laid nous attend-il ? Quinze intellectuels du monde entier se fédèrent contre cette imprécation dans un ouvrage collectif, « L’âge de la régression » publié simultanément en 13 langues, le 13 avril dernier. Ils s’inquiètent d’une certaine « décivilisation » qui s’infiltre comme une eau sale dans nos sociétés. Ils s’inquiètent encore plus de ces oiseaux noirs qui font leur miel du populisme, du repli identitaire, de l’autoritarisme, de la démagogie en tout genre. Ils craignent encore davantage que cette grande régression intellectuelle ne mette fin au progressisme germé sur les décombres du Mur de Berlin. Et qu’elle n’ouvre sur des heures sombres. Pour longtemps.

De ce monde-là qui en veut ? Tout laisse à croire pourtant qu’on y court. Et comment en est-on arrivé là ? L’enrichissement de chacun promis par la globalisation de l’économie et la multiplication des échanges n’a pas fonctionné. Cette économie ouverte a produit trop de délaissés et généré du ressentiment. La société est devenue duale. Le monde rural et agricole est directement concerné par ce monde de gagnants et de perdants.

Les réponses aux problèmes de nos sociétés ne sont pas dans la panique ou la soumission à quelque populisme autoritaire. L’Histoire regorge de suffisamment d’exemples pour démontrer le contraire. « L’audace de l’espoir » ne saura cependant trouver sa force dans des cerveaux ramollis perméables aux mensonges et aux promesses infondées. Pour conjurer la décivilisation, il faut intensifier les efforts de civilisation par l’éducation et la formation. Elle est la clé pour fermer la porte à la brutalité et aux lendemains qui déchantent. Puisse chacun choisir son monde de rêve dimanche en glissant son bulletin de vote dans l’urne.

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