ÉlevageEnergies et environnement

La France, bonne élève sur l’environnement

Comme la France, nos voisins européens intègrent la préoccupation environnementale dans leur développement. La France et la Bretagne sont bien placées sur cet enjeu.

Quand on regarde la carte européenne des teneurs en nitrates dans les eaux superficielles, les pays du nord de l’Europe affichent des quantités largement supérieures à ceux du sud, en lien notamment avec la densité d’élevage sur les territoires. Mais dans ce paysage, la France n’est pas si mauvaise élève, meilleure que le Royaume-Uni, le Danemark, l’Allemagne… « Nous avons eu une réponse aux réglementations mises en place. C’est très marqué dans l’Ouest de la France », a souligné Sylvain Foray, de l’Institut de l’élevage, lors d’une conférence sur l’Europe laitière, organisée par la Collectivité eau du bassin rennais à Plélan-le-Grand.

Recours demandé contre l’Allemagne

« D’après l’Unifa (Union des industries de la fertilisation), les achats d’engrais dans l’ouest ont baissé de 20 à 25 % entre 2000 et 2010. » Du côté des eaux souterraines, la France est dans la moyenne, placée devant l’Allemagne qui affiche des taux de nitrates importants sur 50 % de ses points de prélèvements. La Commission européenne souhaite d’ailleurs un recours contre ce pays, considérant que la pollution par les nitrates n’est pas suffisamment prise en compte.

Plus de 40 % du territoire européen est en zone vulnérable. Pour reconquérir la qualité de l’eau, chaque état-membre établit un plan d’actions, appliquant la directive nitrates selon ses spécificités. Plan qui doit être renouvelé tous les quatre ans. Comme la France, l’Allemagne et les Pays-Bas appliquent des références VL différentes selon la production et l’alimentation. Aux Pays-Bas et en Belgique Flandre, la couverture des fosses est obligatoire.

Des dérogations nombreuses

La France -comme l’Allemagne- applique un plafond d’azote organique de 170 kg/ha. De nombreux pays ont obtenu des dérogations sur ce plafond, mettant en avant la forte exportation d’azote par leurs fourrages : 230 (en zone sableuse) à 250 kg (pour tous les autres élevages laitiers) aux Pays-Bas, 230 kg au Danemark, 250 kg en Irlande et 250 kg au Royaume-Uni. Si la France souhaitait mettre en place une dérogation, elle devrait chiffrer précisément les rendements fourragers qu’elle obtient. Pas facile avec beaucoup de pâturage… Le projet « Nitrates autrement » porté par la FNSEA a débuté en France, avec des expérimentations visant à passer des normes à davantage de prise en compte de l’agronomie.

Pour comparer les systèmes d’exploitation, le « bilan comptable » de l’azote est un indicateur pertinent (ensemble des entrées d’azote moins les sorties). « L’excédent grimpe avec le niveau d’intensification, entraînant plus de pertes gazeuses ou par lessivage ou de stockage d’azote dans le sol. La Bretagne est bien placée sur ce critère par rapport aux autres grandes régions laitières. » Faisant aussi un zoom sur la Nouvelle-Zélande, Sylvain Foray note que la situation se dégrade sur ce pays, en même temps que l’intensification laitière. Des mesures vont être prises, mais à horizon 2020, voire après.

Vers moins de vaches aux Pays-Bas
Du côté des Pays-Bas, la stratégie post-quotas d’accroissement du cheptel pour développer la production laitière atteint aujourd’hui ses limites. Car en contrepartie de la dérogation azote qui a débuté en 2005, la production de phosphore et d’azote issue de l’élevage ne doit pas dépasser la situation de 2002. Or le pays a été épinglé par Bruxelles pour avoir dépassé deux ans d’affilée le « plafond phosphore ». « Le pays doit revenir dans les clous en 2017 au risque de voir la dérogation arrêtée. Trois leviers vont être mis en place : la réduction du phosphate dans les aliments concentrés, la cessation d’activité subventionnée et des réductions de cheptel pour les élevages restant en place. Et FrieslandCampina paiera beaucoup moins les surplus de lait. »
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