ÉlevageIlle-et-Vilaine

Mieux valoriser la Normande localement

En 10 ans, la race normande a perdu 32 % de ses effectifs en Ille-et-Vilaine. Pour contenir cette baisse, des éleveurs convaincus des atouts de leur race réfléchissent à des pistes de valorisation.

En attribuant une production d’azote supérieure aux vaches laitières à l’herbe, « les normes Corpen ont conduit les éleveurs à limiter la part de pâturage », souligne Roger Brault, président du syndicat Normande 35. « De nombreux producteurs en race normande ont préféré passer en Prim’Holstein, notamment dans la région de Fougères où les surfaces par exploitation sont réduites. » C’est dans cette région que 44 % des vaches normandes du département sont élevées. Les prairies y occupent 49 % des sols, contre 28 % en moyenne sur le département.

Rôle sur la qualité de l’eau

« Très bien adaptée au pâturage, la Normande présente des atouts pour le maintien de la qualité de l’eau. Les prairies permettent de limiter l’érosion des sols et de réduire les traitements phytosanitaires. » Pour endiguer la perte d’effectifs, un groupe d’éleveurs mène actuellement une réflexion visant à aboutir à une valorisation de cette race locale offrant un bon rendement en viande. À noter que la race était recensée dans 10 pays il y a 15 ans, elle est aujourd’hui présente dans plus de 50 pays.

« Les consommateurs sont en attente de produits locaux et de qualité. La viande normande est reconnue pour son persillé, sa tendreté et sa saveur », mettent en avant les éleveurs. « La Normande ne bénéficie pas forcément des filières capables de la valoriser à sa juste valeur. » Pour nourrir leur réflexion, une réunion de travail a été organisée le 17 novembre à Rennes, avec des personnes de tous horizons : grande distribution, ville de Rennes, Département, bassin versant, organisation de producteurs, Chambre d’agriculture, coopérative d’insémination… Sur le lait, il n’existe pas de collecte spécifique en Ille-et-Vilaine pour le moment.

C’est par contre le cas pour les 4 fromages normands possédant une Appellation d’origine contrôlée (AOC) : Neufchâtel, Livarot, Pont l’Évêque et Camembert de Normandie. La possibilité de rejoindre ces filières est une des pistes de réflexion du groupe. D’autres voies ont été évoquées : produire un lait estampillé Bleu-Blanc-Cœur, un lait « sans OGM », mettre en avant la digestibilité du lait de Normande…

Le problème de l’étiquetage

Concernant la viande, des filières comme le veau nourri au lait entier, la mise en avant du pâturage, le « non OGM » également, pourraient être développées… Jouer davantage la carte de la proximité est envisagé par les éleveurs, en lait comme en viande. Mais pour que ces différentiations fonctionnent, il faudra qu’elles parviennent jusqu’aux consommateurs via une identification et un étiquetage adaptés. « Les transformateurs doivent être partie prenante », soulignent les producteurs.

Plus de local en restauration collective
Sachant que les Français prennent environ 4 repas / semaine à l’extérieur de leur domicile, la restauration collective et commerciale a aussi un rôle à jouer. Lors de la réunion, la démarche Eau en Saveurs a été présentée. Elle vise à promouvoir les produits issus d’exploitations aux modes de production compatibles avec une eau de qualité, et situées sur les aires d’alimentation en eau de la Collectivité eau du bassin rennais. La ville de Rennes achète des produits laitiers et de porc issus de cette démarche pour ses repas collectifs. Elle souhaite aussi développer la part de bio et de local. Au niveau de la restauration collective gérée par le Département, on vise 50 % de produits locaux en 2021, dont 20 % de bio.
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