Cultivateur

concours-labour-poullaouen - Illustration Cultivateur

Profession ? « Cultivateur ». Jusque les années 70, le terme cultivateur s’imposait sans hésitation pour qualifier le métier de toute personne qui travaillait la terre. Avec son féminin, cultivatrice, qui s’est très tôt imposé alors qu’en 2016 certains métiers se cherchent encore un terme taillé à toute l’élégance féminine pour se définir.

À l’image des vieux meubles bretons brûlés pour faire place nette au formica, le mot cultivateur a été enfoui au fond de la raie par la mutation agricole. Pour lui préférer l’expression d’exploitant agricole. Une qualification peu élogieuse à l’endroit d’une profession qui n’exploite pas la terre au sens de la dominer, mais qui la travaille et la nourrit pour qu’elle exprime le meilleur d’elle-même.

Le mot « cultiver » porte en lui toute la noblesse linguistique puisque son origine lointaine signifie « vénérer une divinité », en l’occurrence la terre nourricière. Le cultivateur sait d’ailleurs que pour obtenir le meilleur de sa terre, il doit la soigner. Il sait aussi qu’il doit ménager ce capital naturel fragile pour le transmettre aux générations futures. Depuis la nuit des temps, le cultivateur pratique l’agriculture durable.

Que diable, pourquoi donc avoir disqualifié ce mot « cultivateur » étymologiquement si proche de son cousin « cultivé ». Ces deux mots qui ont germé sur le même terreau de la langue ancienne portent chacun à leur façon les connaissances d’une culture qui élève l’Homme comme une plante en pleine croissance. Chez le paysan, cette culture rurale prend racine dans la connaissance profonde du fonctionnement de la nature. Quel dommage d’avoir abandonné ce beau mot de cultivateur au rang de la désuétude alors qu’il porte en lui les graines de l’avenir.


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