Tout tout tout, vous saurez tout sur le maïs

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Triskalia organisait une journée technique sur le maïs, mardi dernier (culture, récolte, stockage). Les agriculteurs du secteur de Nivillac (56) étaient invités à analyser leur maïs pour estimer la date de récolte idéale.

Au 6 septembre, il est sans doute un peu tard pour estimer la date de récolte dans cette zone littorale du sud-est du Morbihan. Cette année, une grande partie du maïs est déjà dans les silos. Cette réunion avait été fixée en juin dernier en période de pluie et de fraîcheur et personne ne pouvait prévoir les conditions météorologiques exceptionnelles des mois de juillet et août suivants. Les éleveurs du nord de la zone sont tout de même venus analyser les maïs encore sur pied.

Date de récolte

Les analyses permettent d’approcher la date idéale des chantiers, quand les plants atteignent 34-35 % de matière sèche. L’éleveur vient avec des plants entiers de maïs d’autant de parcelles qu’il le souhaite (2 à 3 en moyenne). Le maïs est broyé puis analysé par infrarouge. En fonction du taux de matière sèche, de l’indice, de la variété, de la date de semis, de la précocité de la zone géographique, l’éleveur repart avec une période de récolte conseillée.

[caption id=”attachment_22220″ align=”aligncenter” width=”800″]Philippe Lecuyer (Triskalia), à gauche fait visiter la parcelle d'essais. Philippe Lecuyer (Triskalia), à gauche fait visiter la parcelle d’essais.[/caption]

Il faut quand même qu’il prenne en compte les conditions météo entre l’analyse et la date prévue, tout comme l’exposition de ses parcelles. Un temps chaud et sec en septembre (comme cette semaine) permettra d’avancer la date : le maïs, dans de telles conditions peut prendre jusqu’à 1 point de matière sèche par jour. À l’inverse, un temps frais et pluvieux retardera un peu la date. En moyenne, au mois de septembre, un maïs prend 2 à 3 points de matière sèche par semaine. À 26 % à l’analyse, le chantier peut être prévu 3 semaines plus tard.

Chantier

La connaissance du taux de matière sèche permet aussi de prévoir l’organisation du chantier. Les parcelles où le maïs est plus sec devront être hachées plus fin. Les spécialistes considèrent que 25 % des silos sont mal tassés. La densité mesurée au front d’attaque doit être supérieure à 210-220 kg de MS/m3 pour une bonne conservation (données de BCELO). Le matériel de tassage n’est malheureusement pas toujours adapté à la vitesse du chantier d’ensilage. La grande majorité des récoltes sont réalisées par des automotrices à 8 rangs et les 10 rangs sont de plus en plus nombreuses. Même si le tassage n’est pas le seul facteur de qualité, un travail bâclé d’une seule journée peut avoir des conséquences pour toute une année.

La pyrale s'installe

Les éleveurs ont visité une parcelle d’essais de variétés de maïs de l’EARL Mero, semée le 4 mai. Cette parcelle promet un rendement supérieur à 15 tonnes de MS/ha, avec de bons épis. La parcelle n’a pas été affectée par la mouche géomyze, même dans les rangs non traités. La mouche à tête rouge a bénéficié d’un hiver très doux et d’une période chaude au début mai qui lui a permis de proliférer – du 15 novembre au 15 mars, les températures moyennes enregistrées à Bignan sont 1,5 °C supérieures aux moyennes et il n’y a eu que 3 jours où la température est descendue au-dessous de – 2°C (au lieu de 12 habituellement) – 100 000 hectares sur les 460 000 semés en Bretagne ont été impactés.

Le taupin reste néanmoins le plus gros ravageur du maïs. Jouer sur la date de semis (dans un sol bien réchauffé) reste le moyen préventif le plus efficace pour lutter contre ces ravages en favorisant une levée rapide (engrais starter également). La lutte contre la mouche des semis nécessite de ne pas laisser des fumiers frais au sol, surtout pour les semis d’avril. La pyrale impacte de plus en plus les cultures dans le Morbihan.

Triskalia, avec d’autres partenaires, a mis en place un réseau de surveillance en fonds de vallée (endroits les plus propices). En fonction des informations, il est conseillé de traiter ou non. L’application de trichogrammes par plaquettes (auxiliaires de culture utilisés comme agents de lutte biologique) prend ¼ d’heure par hectare. L’opération peut désormais se faire par drones. La lutte chimique nécessite de disposer d’enjambeurs à une période où le maïs est déjà haut.


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