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La phacélie semée avant la moisson est en fleur

Le test grandeur nature de semis de phacélie dans une parcelle d’orge avant la moisson s’avère concluant et encourageant. Le couvert est en fleur à l’heure où les autres parcelles attendent la pluie pour pousser.

« Le couvert végétal de phacélie s’est bien développé et présente bien, malgré les conditions météo extrêmes que nous avons eu cet été », décrit David Bouvier, conseiller agronomie à la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor. Dans le Paysan Breton du 1er juillet, Guy Corbel, agriculteur à Trémeur (22), présentait la technique de semis de couvert végétal dans les céréales avant moisson. Le rendez-vous était alors pris pour juger du résultat avant la mi-septembre.

Un gain de temps et d’argent

Il réexplique : « J’ai semé cette phacélie dans une parcelle de 7 ha d’orge d’hiver le 4 juillet avec un prototype de semoir conçu par les Ets Devrand à Trédias (22). C’est une rampe avec un semoir Delimbe de chaque côté permettant de semer sur une largeur de 24 m tout en reprenant les passages de pulvérisateur. » La parcelle a été moissonnée 48 heures après le semis.

« Il y a des manques dans la parcelle qui sont causés par un problème avec un des 2 semoirs. Il reste encore quelques réglages à affiner, comme les doses de semis. Nous avons mis entre 8 et 10 kg/ha cette année et je pense monter à 10-12 kg/ha l’an prochain. » Ces essais financés par le bassin versant de l’Arguenon soutiennent le travail de recherche visant une implantation des couverts végétaux le plus tôt possible afin de capter l’azote résiduel rapidement. Pour l’agriculteur, cette façon d’implanter les couverts végétaux offre plusieurs avantages : « C’est avant tout un gain de temps et d’argent pour la mise en place des couverts puisque je ne passe pas par l’étape déchaumage et semis. »

Une économie évaluée à 2 500 € sur une exploitation avec 40 ha de couverts végétaux à semer estime le conseiller agronomie de la Chambre d’agriculture. « Cela permet aussi d’implanter la phacélie à une période où nous avons moins de travaux culturaux », ajoute Guy Corbel. Mais David Bouvier reste prudent : « La technique fonctionne très bien en orge avec une récolte début juillet et que la terre garde encore un peu de fraîcheur. Par contre, avec du blé récolté en août, le couvert peut avoir plus de mal à démarrer. » Il constate un enracinement moindre de la phacélie puisque le sol n’a pas été travaillé au préalable. Un petit inconvénient qui devient un avantage lorsqu’il aborde le sujet de l’érosion qui est moindre et de la portance améliorée permettant d’épandre du fumier dans de bonnes conditions en sortie d’hiver.

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