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Ils testent le semis de phacélie avant moisson

Les essais réalisés ces dernières années sur des micro-parcelles permettent de dégager les clés de réussite des semis de couverts avant moisson. Sur le bassin de l’Arguenon, des agriculteurs passent à la vitesse supérieure. 
Lors des Innov'actions, une démonstration de semis, à la volée, de couverts avant moisson a été réalisée sur une parcelle d'Alain Tiengou, à Trédias (22). Sur la photo : Guy Corbel (à droite) et Yves-Marie Devrand, fabricant du semoir.
Lors des Innov’actions, une démonstration de semis, à la volée, de couverts avant moisson a été réalisée sur une parcelle d’Alain Tiengou, à Trédias (22). Sur la photo : Guy Corbel (à droite) et Yves-Marie Devrand, fabricant du semoir.

Entre les récoltes de céréales et les semis de colza, les agriculteurs ne disposent que peu de temps pour semer les couverts végétaux. D’où l’idée de les semer avant la moisson, quand ils ont plus de disponibilité. À Trédias, dans les Côtes d’Armor, une dizaine d’agriculteurs ont testé différentes modalités de semis, à la volée, ces trois dernières années sur des micro-parcelles. 80 essais riches d’enseignements. « Il faut privilégier les petites graines. Les grosses ne s’humidifient pas suffisamment, leur taux de germination est faible », indique Guy Corbel, l’un des agriculteurs du groupe.

Les crucifères, comme la moutarde et le radis, sont indiquées, la phacélie également. « L’humidité résiduelle au sol est suffisante pour faire germer ces graines. Dès la récolte, les plantules se développent à la lumière ». La date idéale se situe environ une semaine avant la date de récolte prévue. « Trop tôt, (3- 4 semaines avant), les graines germent mais ont du mal à résister par manque de lumière ». Les agriculteurs précisent qu’il faut éviter de semer si la parcelle est sale. « En présence de liserons, de rumex et de chardons, mieux vaut attendre la moisson pour semer le couvert ».

24 mètres de largeur

Le semoir, fabriqué par un artisan du secteur, couvre une largeur de 24 mètres. Pour une quarantaine d’hectares de couverts semés, le gain est évalué à une quarantaine d’heures de travail, par rapport à un semis au combiné après un passage de déchaumeur. L’économie d’énergie n’est pas négligeable. Qu’en est-il du résultat en fin de cycle? « La biomasse d’un couvert de phacélie est au moins aussi importante avec cette méthode qu’avec un semis classique après récolte et souvent plus, grâce à une levée précoce ».

Des mesures de captage de l’azote sont prévues sur de futurs essais. Jusqu’à présent, seuls des bouts de parcelles ou des bandes ont été semées selon ce procédé. Tous n’ont pas subi les nombreux passages de matériel de récolte. « Sur cette parcelle de 5 ha, nous serons vraiment dans des conditions normales ». L’efficacité sera évaluée dans les prochains mois. 

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