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Le climat commande les producteurs de légumes

Les températures douces de l’automne et de l’hiver dernier a terni le résultat des exploitations, alors que le premier semestre était plus favorable.

Habitués aux aléas climatiques, les producteurs de légumes bretons ont une nouvelle fois fait les frais d’un hiver doux. « Après une année 2014 catastrophique, 2015 avait démarré favorablement jusqu’à l’été », confie Joseph Rousseau, président du Cerafel et producteur de légumes et de fraises à Trélévern (22). L’été dernier, la région a tiré son épingle du jeu grâce à la canicule enregistrée dans le Sud de la France, profitant aux productions bretonnes comme la tomate, la fraise, la salade ou le brocoli. Mais c’était sans compter sur une arrière-saison poussante, connue jusqu’en fin d’année.

50 millions au lieu de 30

La ceinture dorée, terroir doux en hiver, met sur le marché des produits frais quand les autres régions européennes grelottent. Sauf que l’histoire ne s’est pas passée comme prévu, avec de la douceur envahissant toute l’Europe, et s’installant de façon durable en Bretagne. « Les consommateurs aiment manger de la tomate en période chaude, ce qui coïncide avec une période de forte production. Ce n’est pas le cas pour le chou-fleur », rappelle le légumier costarmoricain. Sur un prévisionnel de livraison de 30 millions de têtes, 50 millions ont été miser sur le marché en novembre et décembre. Pire, il reste aujourd’hui quelques petits volumes de choux d’hiver qui viennent concurrencer les récoltes de choux plantés en cycle court.

De gauche à droite : Maïwenn Bullier, Yvon Auffret, Marie Dérédec et Joseph Rousseau.
De gauche à droite : Maïwenn Bullier, Yvon Auffret, Marie Dérédec et Joseph Rousseau.

Le fruit rouge produit sous serre souffre actuellement. « Les grèves de ces dernières semaines n’ont pas arrangé les choses. En production légumière, il est plus difficile de trouver des solutions logistiques que des marchés. Chaque jour, ce ne sont pas moins de 250 semi-remorques qui quittent la région. Le problème du fret, c’est d’avoir de la marchandise en retour, le côté péninsulaire nous pénalise ». Les récentes inondations en France pèsent également sur les marchés.

Concernant la gamme biologique, les volumes ne cessent de progresser, pour atteindre 16 000 tonnes en 2015. « La quarantaine de producteurs portera ce volume à 20 000 tonnes en 2017. C’est un mode de production qui n’est pas à opposer à un itinéraire conventionnel, qui s’intéresse déjà et depuis longtemps à des solutions alternatives », explique Joseph Rousseau. Désherbage mécanique, emploi d’auxiliaires pour les cultures sous serre… les méthodes changent, avec à la clé des résultats. « Les analyses sont de plus en plus pratiqué sur les marchandises, alors qu’il y a de moins en moins de détection de molécules de synthèse », explique Yvon Auffret, directeur du Cerafel.

Passage de témoin

L’assemblée générale de l’AOP à Plemeur Gautier (22) fut le moment choisi par Yvon Auffret pour annoncer son passage de relais. Directeur de la structure depuis 1999, il fera valoir ses droits à la retraite cet été. Pour lui succéder, Maïwenn Bullier, actuellement directrice marketing chez Prince de Bretagne. « J’apprécie les valeurs de solidarité et de mutualisme de l’AOP. Les 2270 producteurs sont aussi les patrons qui gouvernent. On a de cesse de progresser depuis les années 60 », livre la jeune future directrice. La direction marketing de la marque est désormais confiée à Marie Dérédec, auparavant chef des productions sous abris.

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