En bref

L’urgence d’une mobilisation européenne contre “la guerre du lait”

La FNCL (Fédération Nationale des Coopératives Laitières), présente à la réunion des acteurs de la filière au Parlement européen ce 25 mai, entend rappeler l’urgence d’une mise en œuvre coordonnée et partagée de la production laitière par tous les opérateurs.

Communiqué de presse FNCL du 25 mai 2016

Si les acteurs français, dont les coopératives laitières, se déclarent à nouveau prêts à stabiliser leur production, l’ensemble des pays européens doit s’engager afin de sauvegarder la filière laitière européenne. La FNCL a initié en ce sens une déclaration commune avec sept opérateurs de cinq autres pays : Finlande, Pologne, Portugal, Italie, et Espagne.

La surproduction à l’origine de la crise du lait s’aggrave

La production laitière européenne poursuit sa croissance quel que soit le pays, et en dépit de l’effondrement des prix du lait aux niveaux historiquement bas de 2009. Des pics de collecte s’affichent depuis début 2016 pour atteindre en mars de nouvelles envolées avec une croissance record de 5%, alimentée par des pays comme l’Irlande (+32%), les Pays-Bas (+17%), la Pologne (+ 9%), l’Allemagne (+3.2%) … Seuls la France (-1%) et le Royaume-Uni voient leur collecte reculer.

Ces hausses alarmantes succèdent à deux années de forte croissance européenne (+2,1% en 2015) qui alimentent la surproduction mondiale, dans un contexte de ralentissement de la demande (Chine, Moyen-Orient, Russie). La quasi-totalité des producteurs laitiers dans le monde ne couvrent plus leurs coûts de production ; en France, ce sont aujourd’hui 20% des producteurs laitiers qui sont aujourd’hui gravement menacés

Un impératif : une maîtrise de la production rapide et partagée pour sauvegarder la filière

Dans ce contexte, la décision de la Commission Européenne le 14 mars dernier, en application de l’article 222 de l’OCM, d’ouvrir la voie à une limitation temporaire de la production de lait constitue une première étape. Mais, pour être efficace et contribuer à juguler la surproduction européenne, cette maîtrise des volumes doit être appliquée par l’ensemble des opérateurs de tous les Etats membres.

« La guerre des bassins en Europe doit s’arrêter : elle est destructrice de valeur et du grand potentiel laitier européen. Stabiliser aujourd’hui la production permettrait de revenir à un équilibre économique sain et porteur de croissance pour tous. Nous avons donc proposé cette Déclaration commune avec des acteurs finlandais, italiens, polonais, portugais et espagnols, pour appeler à la responsabilisation urgente de Bruxelles et mettre en place une gestion maîtrisée des volumes, de façon coordonnée et partagée », explique Dominique Chargé, Président de la FNCL.

Des solutions européennes, à court et long terme

En vue des prochaines échéances – réunion de ce 25 mai et prochain Conseil des ministres le 14 juin -, la FNCL rappelle les mesures indispensables à mettre en place :

A court terme :
⦁ un budget européen pour la crise, pris sur les souplesses d’exécution du budget agricole, dont l’attribution serait conditionnée à une maîtrise des volumes ;
⦁ Une 3ème tranche d’intervention, si et seulement si elle est également assortie d’une gestion
maîtrisée des volumes. A date, 300 000 tonnes de poudre sont déjà stockées ! Les tranches d’intervention pourront se multiplier mais resteront inefficaces si elles ne sont pas liées, a minima, à une stabilisation des volumes.

A plus long terme, des solutions doivent être trouvées comme un travail sur une harmonisation fiscale permettant de réduire les écarts de compétitivité entre les différents pays et l’intégration d’un système assurantiel de préservation de la marge des éleveurs dans la PAC 2020.

Source FNCL.

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