Edito

Allo Plérin, ici Pékin

Le cadran de Plérin a les yeux rieurs. Depuis quelques séances l’aiguille digitale du marché du porc breton reprend de la vigueur. Qui eut parié que le soleil se lèverait à l’Est. Plus exactement en Chine. La Chine qui a une faim de cochon. Une fine tranche de jambon de Paris consommée chaque semaine par chaque Chinois et voilà toute la production bretonne engloutie d’une seule bouchée. À l’origine de cet appétit insatiable, une production intérieure chinoise en manque de rentabilité qui a perdu 12 millions de truies en 4 ans.

Toute l’Europe courtisée par les importateurs chinois.

Le manque d’offre dans le pays fait aujourd’hui bondir le prix du cochon à 3 €/kg. De quoi faire rêver les Bretons. Ou plutôt toute l’Europe courtisée par les importateurs chinois. Car dans la culture asiatique, on a d’abord la culture des affaires comme le démontrent ces vendeurs de rue qui proposent des parapluies aux touristes quand pointe l’averse et qui, dix minutes plus tard, forcent la vente sur la crème solaire quand brille à nouveau le soleil. Ce courant importateur s’inscrira-t-il dans la durée ?

Des analystes prévoient un retour à la normale au second semestre. Et de rappeler qu’il y a des précédents dans le domaine : Pékin, sensible à la souveraineté alimentaire, saura mettre les moyens pour relancer sa production. Gageons que cela ne se terminera pas par un tour de cochon comme est victime le fer destiné au béton armé : persuadés d’une demande future, les milieux d’affaires chinois se sont emballés sur ce matériau qui a vu son prix flamber de 43 % sur les premiers mois de l’année, pour finalement décrocher de 30 % en quelques jours. Les premières victimes de cette mini-bulle ont été sans surprise les producteurs de minerai. Les spéculateurs, eux, se sont envolés vers d’autres horizons plus prometteurs. Cochon qui s’en dédit…

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