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Associer le pois pour limiter la pression des maladies

Les chercheurs de l’INRA et du Cétiom travaillent sur des cultures de pois associé pour gagner en état sanitaire.

Une culture de pois qui verse a deux conséquences directes et néfastes : la récolte est inévitablement plus difficile avec un rendement impacté, et le développement des maladies est exponentiel quand la plante se couche. L’équipe de l’Inra Igepp tente de comprendre les mécanismes d’épidémie de l’ascochytose, maladie anciennement appelée anthracnose. « L’ascochytose provoque des petites ponctuations qui évoluent en nécrose, et accélèrent la sénescence des tissus. La maladie évolue du bas vers le haut, soit en se propageant avec le vent, soit par splashing : en cas de pluie, les gouttes d’eau éclaboussent le feuillage et disséminent les spores », précise Anne Monssart, du Cetiom. La maladie va jusqu’à provoquer la verse de la plante. Pour mesurer l’ambiance propice à la propagation des spores, l’organisme de recherche s’est associé à l’Inra au sein d’une unité mixte technologique dénommée Pisom (Pois : idéotypes, systèmes, observatoire des maladies). Différents capteurs mesurent en continue les variations dans et sur le couvert végétal de la parcelle d’essai du Rheu (35). « Nous observons l’évolution des maladies dans l’architecture du couvert végétal. En associant un blé au pois protéagineux d’hiver, la céréale fait office de tuteur et rend moins dense la culture, avec un effet bénéfique sur le microclimat. Notre choix s’est porté sur le blé, car même si l’orge offre des précocités plus intéressantes, le risque de verse est plus important », introduit Alain Baranger de l’Inra. Ce changement d’ambiance au sein même de la végétation agit sur le vieillissement des tissus ainsi que sur la dispersion des spores responsables des maladies.

Comparaison en pur et en associé

Au total, ce sont 6 variétés de pois qui sont étudiées. « Le protocole est le suivant : une variété de blé précoce et plutôt tolérante aux maladies a été sélectionnée. Trois associations sont testées par rapport à la dose classique (75 graines au m2 de pois et 250 graines pour le blé au semis). Ces doses sont reprises dans les proportions suivantes : 50 % de la dose classique de pois et 50 % de celle du blé,  75 % – 30 %  et enfin 100 % – 30 %. Les semis ont été réalisés en mélange sur la ligne ou en mélange alterné. Une microparcelle en pois pur sert de témoin », explique Alain Baranger, qui a mesuré la vitesse de fermeture du couvert, la sévérité des maladies, le microclimat. Une dernière mesure de rendement sera effectuée à la récolte.

96 capteurs

Pour mesurer le microclimat, la température, l’humidité et l’humectation de la végétation sont quantifiés. « Nous disposons de 96 capteurs dans cette parcelle d’essai. Les données vont être recueillies de mars à juillet. 8 capteurs déterminent l’humidité de l’air ambiant au-dessus de la culture et à plusieurs niveaux à l’intérieur de la végétation, il en est de même pour la température. Pour l’humectation des feuilles, nous mesurons la durée pendant laquelle une pluie va rester ou ruisseler sur la plante », précise Christophe Langrume, de l’équipe résistance et adaptation à l’Inra de Rennes.

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La parcelle d’essai est équipée de capteurs.

Les premiers résultats obtenus montrent que le pois, quand il est cultivé en association, présente un microclimat plus sain pour le protéagineux, et les risques de verses semblent écartés. Les conclusions à la récolte viendront sans doute conforter ces résultats. Fanch Paranthoën

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