Productions Agricoles

DEP : Abattre les cheptels atteints ?

Un élevage ukrainien a été contaminé par une souche hyper-virulente du virus de la diarrhée épidémique porcine. En cas d’introduction en France, le délai de réaction serait primordial pour limiter sa propagation.

La diarrhée épidémique porcine vient d’être ajoutée à la liste des dangers sanitaires de première catégorie. Cette décision a pour conséquence de rendre obligatoire la déclaration de tout cas apparaissant sur le sol français. Le risque d’introduction est avéré. Un élevage a été atteint en décembre dernier dans le Nord, avec 12 % de mortalité des porcelets sous la mère. Les résultats d’analyse ont permis de détecter le virus, de même type que les souches circulant en Europe, c’est-à-dire bien moins virulentes que celles présentes en Amérique du Nord. En Belgique, un premier cas a été identifié le 27 janvier 2015. Aux Pays-Bas, le virus a frappé en novembre dernier, tout comme en Espagne. Les souches isolées sont de même type que celle identifiée dans l’élevage français. Les taux de mortalité sont variables en fonction de l’immunité existante. Le virus a déjà circulé en Europe par le passé mais la séroprévalence est faible en Bretagne (peu d’anticorps retrouvés sur les truies). Une diffusion rapide aurait donc un impact important. C’est en Ukraine que la situation est la plus problématique. Un élevage naisseur de 5 000 truies, a connu un épisode de DEP en 2014, avec quasiment 100 % de mortalité des porcelets. Le retour à la normale s’est effectué après 20 semaines. La souche isolée présente 99,8 % d’identité avec des souches américaines hyper-virulentes. La plus grande vigilance s’impose.

La DEP dans le monde

  • USA : Augmentation du nombre de cas cet hiver, sans atteindre le pic de l’hiver dernier.
  • Canada : 89 cas.
  • Mexique : 83 cas.
  • Colombie : 45 cas.
  • Pérou : Quelques cas.

Plusieurs souches circulent dans ces pays dont celles identifiées aux USA (hyper-virulentes).

  • Brésil : Aucun cas détecté
  • Chine : Plusieurs souches circulent avec des épizooties sévères.
  • Japon : 817 cas (souche hyper-virulente).
  • Corée : 19% des élevages atteints, avec de nombreuses pertes.

Délai de réaction primordial

La probabilité d’introduction par des porcs vivants est élevée. « Il n’y a pas de contrôles aux frontières et il n’y a pas de dépistage prévu pour l’instant », indique Béatrice Grasland, de l’Anses, intervenante aux Journées de la recherche porcine. Les produits sanguins, la semence, les embryons, le matériel et les véhicules sont également susceptibles de propager le virus. « L’élevage français a probablement été contaminé par un camion transportant des animaux. Idem pour les élevages belges infectés ». Alors que faire ? « Dans une région à forte densité porcine, une simple claustration de l’élevage contaminé ne suffirait pas à empêcher la propagation de la maladie. Un abattage total, associé à l’application de mesures de biosécurité drastiques serait davantage approprié pour tenter de limiter l’épidémie ». Les recommandations des pouvoirs publics (DGAL) pourraient dépendre du type de souche détecté : abattage du cheptel ou restriction des mouvements. Selon la vétérinaire, le délai de réaction est essentiel : une réaction trop tardive (entre la contamination, la détection, la déclaration et la prise de mesures) multiplierait les occasions de dissémination du virus, rendant même inefficace l’abattage d’un premier foyer éventuel. Bernard Laurent

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer