Economie, marchés et gestion

Remplacement : la vie n’est pas un long fleuve tranquille

Le service de remplacement assure la continuité de travail dans les élevages quand les bras viennent à manquer.

Les tâches quotidiennes d’un élevage se font naturellement par des hommes et des femmes et prennent souvent le chemin de la routine avec l’expérience. Parfois, la vie nous réserve quelques bonnes ou mauvaises surprises. Accident, maladie, naissance d’un enfant… ou tout simplement l’envie de souffler qui nous rappelle que l’organisme a besoin de prendre du recul par rapport au métier. Les services de remplacement peuvent être une solution pour marquer une pause nécessaire. Une décision fréquemment subie et non choisie.

Quand la cigogne passe…

Chez Arnaud Moisan, agriculteur à Poullaouen (29), un heureux évenement s’est produit au début du mois d’octobre, avec un petit Noé qui est venu grossir les rangs de la famille. Profiter de la joie de la naissance d’un enfant n’est pas toujours compatible avec les contraintes de travail d’une exploitation. Ce moment particulier, Arnaud a choisi de le vivre pleinement dans son foyer, et a donc profité d’un congé paternité de 11 jours. Ce droit possible pour les exploitants agricoles, peu en jouissent. « Je dispose d’une salariée du Sdaec pour assurer la traite et le suivi du troupeau. Je suis adhérent à l’association depuis mon installation en 2007. Je connais bien les rouages des remplacements puisque j’ai été moi-même salarié de cette structure pendant plusieurs années », se souvient-il. Pour répondre à la demande, le service de remplacement essaie toujours de « coller à la structure » faisant appel. « Nos salariés sont formés aux différents équipements des exploitations, que ce soit en lait ou en porc. Pour que le remplacement fonctionne, nous avons créé un document nommé protocole de consignes où l’éleveur note toutes les informations nécessaires à un bon remplacement, comme les numéros utiles, les codes couleurs des bracelets ou marquage au crayon pour éviter les erreurs de traite », signale Jean-Michel Hervé, responsable de production. « Les producteurs ne connaissent pas leurs droits, notamment en ce qui concerne le congé de paternité. La législation oblige la personne concernée à prendre ce repos dans les 4 mois suivant la naissance. Passé ce délai, ce droit est perdu  » ajoute Lénaick Le Goff, responsable de secteur au Sdaec.

Modalité du congé paternité

L’agriculteur effectue une demande d’allocation de remplacement dans les 30 jours précédent la date d’interruption d’activité. Après étude du dossier, la MSA transmet la demande au service de remplacement. Le montant de l’allocation de remplacement est égal au coût du remplacement, hors contributions sociales (CSG/CRDS) qui reste à la charge du bénéficiaire à hauteur d’environ 2 € par heure. La durée du congé de paternité est de 11 jours consécutifs ou de 18 jours en cas de naissances multiples.

Le montant de l’adhésion au Sdaec est de 120 € par an par exploitation et de 25 € par UTH. Autre service, avec un partenariat avec Groupama, Le Sdaec a négocié une indemnité de 110 € par jour sans franchise en accident et maladie en cas d’hospitalisation pour une cotisation de 587 € par année.

…ou pour des raisons de santé

Dans certains cas, le recours aux services de remplacement ne se fait pas dans des conditions si heureuses. Suite à un arrêt maladie, Jean-Claude Guillou, installé à Plounéventer (29), à fait appel à l’association. « Il faut savoir déléguer, surtout si le remplacement est subi. J’ai un salarié sur l’exploitation depuis 30 ans, j’ai donc l’habitude de partager les tâches. Le plus dur dans un arrêt maladie est d’habiter à côté de l’exploitation : ce n’est pas simple à gérer mentalement. Au final, le Sdaec m’a permis de faire une pause pour raison de santé, afin de mieux repartir ensuite. Signe encourageant, les résultats techniques de l’élevage se sont maintenus », se réjouit le producteur. Fanch Paranthoën

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