Politique et Syndicalisme

Confédération paysanne : casser n’est pas la solution à la crise légumière

Suite à un échange avec le bureau de la Chambre régionale d’agriculture vendredi 26 septembre, les membres de la Confédération paysanne ont livré leur sentiment sur les actions des producteurs de légumes qui se sont déroulées à Morlaix (29).

Les membres de la Confédération paysanne régionale ont souhaité réagir aux actions menées par les légumiers finistériens. « On n’accepte pas ce genre de violences. À la Confédération paysanne, on fait des actions de jour et non cagoulés. De plus, ils ont détérioré des éléments essentiels de notre démocratie que sont la MSA et le Trésor public », s’indigne Dominique Raulo, porte-parole régional pour la Confédération paysanne (CP). Pour Jean-Marc Thomas, secrétaire général régional du syndicat : « la colère des légumiers est justifiée. Les années passées ils ont gagné correctement leur vie et aujourd’hui il y a un réel déséquilibre des prix, ce qui crée de grosses différences de trésorerie. Le problème est qu’ils se retrouvent à payer des charges et des impôts, sans compter les investissements en matériel de leurs bonnes saisons une année où ils sont en pleine crise. » Pour le syndicat, il est évident que la colère doit être écoutée et entendue, « mais la MSA et le Trésor public ne sont pas les responsables de l’effondrement du prix des légumes. »

Trouver des solutions durables

« Est-ce que c’était la bonne méthode ? » Jean-Marc Thomas avoue tout de même en répondant à cette question : « Même si on ne cautionne pas, on peut dire que oui puisqu’ils ont été entendus par le ministre de l’Agriculture. Mais alors que les productions porcine, avicole, bovine et bientôt laitière sont touchées par la crise, si tout le monde se met à agir de la même façon vers où allons-nous aller ? Quelle image allons-nous donner aux Français de notre profession ? »

Le syndicat demande à ce que tout soit fait pour une juste rémunération des producteurs et la prévention des crises. Dominique Raulo, propose : « Le coût de production et la rémunération du travail doivent être la constituante principale du prix d’un produit. Les instances européennes et nationales  et les filières nationales et régionales doivent se doter d’instruments de prospective pour ajuster l’offre à la demande. Les mesures de retrait et le bon fonctionnement d’une caisse de péréquation doivent être transparents, permettre de faire face aux aléas climatiques et de marché. Enfin, un mécanisme de gestion des risques dans le cadre du second pilier de la Pac doit être négocié. » Une réunion doit se tenir dans les jours qui viennent à la Chambre régionale d’agriculture pour aborder la crise que traverse la production légumière et les signes d’une crise pointant le bout de son nez en lait. Les membres de la Confédération paysanne Bretagne espèrent pouvoir y assister pour exposer leurs solutions. Nicolas Goualan

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