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La filière bio vante ses circuits courts

Tous les acteurs de la filière ont donné rendez-vous au préfet à Quimerc’h.

La filière biologique bretonne est organisée est souhaite le montrer. Jean-Luc Videlaine, préfet du Finistère, était invité à visiter l’exploitation du Gaec de Penn ar Menez sur Quimerc’h. La production biologique n’est pas nouvelle sur cette exploitation car les anciens exploitants avaient opté pour cette conduite en 1983.

Avantage aux circuits courts

Couvrant aujourd’hui 85 ha et dirigé par Brigitte et Olivier Giordmaïna et Jean Michel Favé, l’exploitation produit du lait dont 100 000 litres sont transformés en de nombreux produits (tome des Monts d’Arrée, fromage blanc, crème au lait cru…). Une diversification de la production est assurée par 1 000 poules pondeuses. Le reste du lait est livré à la SAS Biolait. Les vaches sont exclusivement nourries à l’herbe et 7 ha de céréales viennent terminer cette rotation simple.

Jean Michel Favé, associé dans le Gaec, expose à Jean-Luc Videlaine les avantages des circuits courts : « Sans atelier de transformation et sans notre présence sur 3 marchés hebdomadaires bretons, il n‘y aurait qu’une personne sur l’exploitation ». L’entreprise est aujourd’hui viable. Le Gaec multiplie les circuits de distribution : en plus des marchés, les produits sont vendus directement à la ferme et sont référencés dans les magasins Biocoop de la région.

Les représentants de Biolait et Bretagne Viande Bio en ont profités pour insister sur leurs craintes concernant l’avenir. « 600 millions de litres de lait bio sont collectés en France, soit 2 %. Le lait bio représente 8,5 % du lait consommé. Nous sommes donc en pénurie de producteurs. Quand la consommation de lait connaît des croissances à 2 chiffres, l’installation ou la conversion en AB se fait par palier, comme ce fut le cas à la mise en place des CTE en 1997 ou par le grenel de l’environnement en 2008 », selon Christophe Baron, président de Biolait. Même constat en production de viande : « L’exemple de la production de viande de mouton est significatif. Il y a en effet un vieillissement de la population qui n’est pas renouvelée », explique René Bellour, vice président de Bretagne Viande Bio.

Autre remarque de l’éleveur : « Les prix de vente en agriculture biologique sont fixés à l’année, pour permettre d’avoir une bonne visibilité et pour chiffrer des installations futures. La filière conventionnelle nous déstabilise avec des prix volatils. » Le préfet a ensuite écouté les propos d’Isabelle Chaillou, productrice d’herbes aromatiques et médicinales à Guiclan : « Le projet de centrale à gaz de Landivisiau génèrera une pollution atmosphérique non négligeable pour notre bassin de production. » Le préfet assure que l’enquête publique lancée en automne soulèvera ce problème.

Transmission des exploitations

Dernier point abordé lors de cette journée : la transmission. « La croissance de l’agriculture biologique se fait par des installations, pas par les conversions. Beaucoup d’exploitants cédant pensent aujourd’hui que leur système de production est trop petit pour être viable, et les terres sont alors vendues à des exploitations existantes. C’est faux, la preuve avec le Gaec visité aujourd’hui », remarque Philippe Arnaud  d’Inter Bio Bretagne. Fanch Paranthoën

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