Economie, marchés et gestionIlle-et-Vilaine

Maintenir en activité le même nombre d’agriculteurs

En Ille-et-Vilaine, 40 % des exploitations ont moins de 50 ha. Le syndicat s’interroge sur les incidences des négociations en cours pour la transmission de ces fermes.

« Sur près de 500 exploitations bretonnes soumises à la transmission tous les ans, on perd 150 à 200 fermes », constate Eric Duverger, secrétaire de la Confédération Paysanne 35 lors de l’assemblée générale qui s’est tenue le 27 mars à Lohéac. La quête perpétuelle de surface et de volume se fait souvent au détriment d’une installation possible. Pourtant, elle entraîne souvent plus de travail, des investissements mais pas toujours de rémunération supplémentaire… « Sur les petites et moyennes unités, la recherche de la valeur ajoutée via des filières courtes est le plus souvent mentionnée ; quel est l’avenir des repreneurs qui souhaitent continuer à produire en filière longue ? », interroge Eric Duverger. Face à ce constat, les adhérents du syndicat ont profité de la présence de Laurent Pinatel, porte-parole au niveau national, pour échanger sur l’avenir de ces structures au travers des dossiers en cours de négociation.

Vertige financier et manque de perspective

Les candidats à l’installation existent, témoignent les personnes présentes. Mais elles ont peur. Ce qui leur manque, c’est la sécurité du revenu et le sentiment d’être soutenu. « La dualité de l’agriculture qui oppose filières longue et courte, on n’en veut pas », insiste Dominique Roulo, porte-parole régional. Selon ce dernier, elle met en place des systèmes de production excluant, avec des exploitations difficiles à reprendre demain. Les petites structures doivent leur permettre de bâtir leur propre projet, pour tout type de production. Et dans ce sens, le bail environnemental évoqué dans la loi d’avenir, n’est pas un bon outil pour la Confédération Paysanne.

Des espoirs via le 2nd pilier de la Pac

Avec la certitude de créer des emplois en allant chercher des points de croissance essentiellement sur les marchés export, la dynamique proposée ne va pas favoriser la mise en place d’un système paysan. « La Pac est plus une négociation agroalimentaire qu’une Pac agricole », lance le porte-parole national. Et de continuer : « Au travers du second pilier, seuls les choix politiques régionaux permettront de défendre notre type d’agriculture ». Carole David

L’avis de Laurent Pinatel, Porte-parole national de la Confédération Paysanne

Loi sur la contrefaçon, ferme des 1 000 vaches, dossier loup… Nous ne sommes pas des travailleurs à façon pour les industriels. Nous continuerons à l’affirmer et, par nos actions, nous pèserons sur les décisions. Nous revendiquons des systèmes agricoles qui font émerger des projets porteurs d’espérance pour les repreneurs des petites et moyennes exploitations. Mais nous sommes à un carrefour avec des enjeux législatifs. Les accords de libre-échange entre l’Union européenne et les USA risquent de supplanter la Pac de 2020 ; ils ne seront pas sans incidence sur notre quotidien.

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