FinistèrePolitique et Syndicalisme

La petite grenouille finira-t-elle par rebondir ?

La petite étincelle de l’espoir, celle qui montre que le combat n’est jamais perdu, n’était pas aussi vive lors de l’assemblée générale de la FDSEA. Signe que les agriculteurs sont résignés ?

Un an après. Un an après l’assemblée de 2013 qui avait été une page combative marquée d’une pierre rouge dans le répertoire syndical finistérien, le rendez-vous annuel de la FDSEA a laissé place à des interventions moins revendicatives. Le porc et la volaille ont été absents des débats, jeudi dernier, à Plougastel-Daoulas. Illustration d’un certain désabusement des adhérents ?

Des récriminations récurrentes

Les agriculteurs auraient-ils abdiqué devant l’arsenal administratif et environnemental qu’ils dénoncent depuis des lustres ? Il est vrai que, d’une année sur l’autre, le fond des revendications reste le même. « Inertie des pouvoirs publics » ; « étau bureaucratique » (NDLR : expression qui monte tout de même d’un cran cette année et qui n’est pas sans rappeler une expression jadis appliquée à l’ère soviétique) ; « France qui n’est plus gouvernée, mais administrée », etc. Pascal Prigent, secrétaire général, a aligné les récriminations récurrentes de la FDSEA en présentant le rapport d’orientation. Jusqu’à « halluciner » « de voir les Dreal (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) gouverner ». Et d’interroger : « Où sont donc passés les préfets de Région ? ». Ce répertoire de griefs a 10 ans. Peut-être vingt. Dans ce contexte, il devient difficile de renouveler le discours syndical, sinon d’en appeler à l’unité et à la solidarité. Une certaine lassitude gagne les rangs, faute d’un déblocage qui apparaît de plus en plus improbable. « La signature de la 5e directive nitrates va encore nous imposer des contraintes. Mais qui va payer ? C’est encore nous », réagit un adhérent.

Thierry Merret, président de la FDSEA, s’est vu offrir une maquette d’un portique Ecotaxe
Clin d’œil à l’origine du mouvement des Bonnets Rouges, Thierry Merret, président de la FDSEA, s’est vu offrir une maquette d’un portique Ecotaxe (avec de vrais boulons).

Un Printemps des Bonnets Rouges ?

Peut-être parce que, comme le fredonnait Sardou, « c’est beaucoup moins inquiétant de parler du mauvais temps en chantant », Thierry Merret a choisi à son tour de raconter « la fable de la petite grenouille dans la marmite qui chauffe progressivement » pour établir un parallèle avec « l’agriculture que l’on anesthésie peu à peu, depuis plus de trente ans, au nom d’une sacro-sainte bien-pensance parisienne ». Quand on n’est plus entendu en tapant du poing sur la table, l’humour n’est-il pas une arme de défense encore plus redoutable ?

Si chacun sait, qu’à la fin de l’histoire, la petite grenouille finit par être ébouillantée, le président de la Fédération rebondit avec énergie : « Soyez certains d’une chose, la FDSEA ne laissera pas l’agriculture finistérienne et ses paysans, cuire pour finir en cuisses de grenouille ! Parole de Finistérien et de Breton ! ». Et Thierry Merret de remettre symboliquement son bonnet rouge : « Une demande formelle sera  faite au Président de la République de venir nous écouter en Bretagne, et cela à l’issue des municipales. Le plus tôt sera le mieux car sinon, il y aura un printemps des Bonnets Rouges, mais sûrement dans un climat tout autre ». Voilà qui est dit… Didier Le Du

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