Dossier technique

Pulser de l’air frais dans le poulailler

Antoine Lijour, à Bannalec (29) - Le système de chauffage par pompes à chaleur, installé par Antoine Lijour sur son poulailler, lui permet de créer de l’air frais l’été et d’abattre autour de 10 °C dans la salle d’élevage.

Deux hommes devant un bloc extérieur de la pompe à chaleur d'un bâtiment d'élevage de volailles - Illustration Pulser de l’air frais dans le poulailler
Antoine Lijour et David Marhadour, gérant de Calopor, devant un bloc extérieur avec une pompe à chaleur (Pac) de 50 kW qui assure le chauffage et la production d'air frais lors des épisodes de chaleur.

Antoine Lijour s’est installé en 2021 sur la commune de Bannalec (29), il est éleveur de porc avec 2 sites. Un est dédié au naissage avec 300 truies avec l’engraissement de la moitié des charcutiers et le second pour l’engraissement de l’autre moitié des charcutiers. Sur ce deuxiè- me site, Antoine Lijour possède un atelier avicole qui était dédié à l’élevage de poulet export : « En 2024, mon poulailler a brûlé. J’ai décidé de le reconstruire en réfléchissant aux évolutions possibles pour en faire un bâtiment moderne et le plus sécurisé possible. »

Un prototype installé sur le poulailler

L’éleveur a cherché une solution pour s’affranchir des radiants dans le poulailler et supprimer le gaz comme source d’énergie pour le chauffage. « En volaille, nous avons peu de leviers à part la technique et l’énergie pour pouvoir améliorer nos revenus. J’ai donc décidé d’équiper la toiture d’une installation photovoltaïque en autoconsommation avec revente du surplus de production. J’ai contacté l’entreprise Calopor car j’utilise leurs solutions de chauffage sur mon élevage porcin en maternité et post-sevrage et j’aime la simplicité d’utilisation. Je voulais qu’elle me propose une solution équivalente de chauffage par pompe à chaleur pour mon poulailler. »

Le prototype installé sur le poulailler a coûté 94 000 €

Le prototype a donc été installé sur le poulailler de 1 800 m2. Il se compose de 2 blocs extérieurs avec une pompe à chaleur (Pac) de 50 kW dans chaque et d’une petite chaudière gaz en appoint par sécurité, mais aussi pour assurer le retour sur investissement car une Pac dimensionnée pour couvrir 100 % des besoins en chauffage serait trop coûteuse.

10°C en moins sans la brumisation

En journée, l’énergie nécessaire au fonctionnement des Pac provient de l’installation photovoltaïque. « Nos Pac sont réversibles, cela veut dire que l’installation, en plus du chauffage, nous permet de générer de l’air frais lors des coups de chaleur », explique David Marhadour, gérant de Calopor. Et Antoine Lijour de citer en exemple : « Sans faire appel à la brumisation, nous allons réussir à abattre 10 °C de température dans la salle d’élevage. » Pour l’éleveur, ce système est complémentaire de la brumisation car avec 40 °C voire plus dehors en été, la brumisation lui semble indispensable. David Marhadour précise : « Pour abattre plus de 10 °C de température, il faudrait une troisième machine. » L’aviculteur cite un cas concret : « Pendant l’été, lorsqu’il fait 30 °C à 11 h le matin, la brumisation se met en route. Avec ce système, j’arrivais à descendre la température sans brumisation avec l’air frais généré par les Pac. Cela m’a permis de déclencher la brumisation beaucoup plus tard dans la journée, ce qui évite de saturer l’air en humidité et de dégrader la litière. » Le prototype installé sur le poulailler a coûté 94 000 € à l’éleveur. David Marhadour précise : « C’est un prototype, cela n’est donc pas le prix public. Ce système de chauffage réversible pour créer de l’air frais l’été est éligible aux aides Agri Invest à hauteur de 40 %. »

Nicolas Goualan

Un impact sur l’hygrométrie des 8 lots

Le graphique met en évidence une relative stabilité de l’humidité intérieure malgré une augmentation importante de l’humidité relative extérieure. Sur les 8 lots étudiés, l’humidité extérieure varie de 42 à 96 %, tandis que l’humidité intérieure reste majoritairement comprise entre 63 et 71 %. « Cette différence de comportement est compatible avec un effet de régulation de l’ambiance par le système Calopor, qui contribue à limiter l’accumulation d’humidité dans le bâtiment, y compris lorsque les conditions extérieures deviennent plus humides. L’humidité intérieure varie relativement peu malgré les fortes variations des conditions extérieures. Le système pourrait contribuer à limiter les excès d’humidité, favorisant ainsi le maintien d’une litière plus sèche avec les conséquences positives que cela peut avoir sur les taux de pododermatites. »


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