En production porcine, l’année 2025 s’est terminée par un solde prix de vente-coût de revient positif, en moyenne. 1,85 de prix payé aux éleveurs contre 1,74 € de coût de revient (avec une rémunération forfaitaire des exploitants de 2 Smics annuels). « Ce résultat cache d’importantes variations entre élevages », tempère Véronique Kerlidou, du Cerfrance, intervenante au Space : « 28 % des élevages ne couvraient pas ce coût de revient ». L’année 2026 devrait s’achever sur un solde positif malgré un début d’année poussif, sauf pour les éleveurs déjà mal engagés en 2025.
2027 s’annonce plus difficile
L’an prochain, le coût devrait s’élever au-dessus de 1,85 € du kilo, compte tenu de l’augmentation des charges et la production pourrait souffrir des suites des canicules (baisse du cheptel truie) et d’un coût alimentaire élevé. Les prix de vente devront suivre pour éviter la crise.
Beaucoup d’inconnues en lait
L’incertitude est plus importante en production laitière. L’impact des vagues de chaleur sur la qualité et la quantité de maïs fourrage est encore difficile à appréhender. Les épisodes sanitaires (FCO et Shamonda) et le prix de la viande des vaches de réforme sont autant d’inconnues. D’une moyenne de 463 €/1 000 litres en 2025, le prix de base devrait s’établir entre 405 €/1 000 litres et 410 €/1 000 L en 2026 sous la pression d’une collecte mondiale dynamique (+3,6 % sur douze mois). Si le prix de vente couvrait largement le coût de revient en 2025, c’est l’inverse en 2026 : les prévisions donnent un prix payé aux producteurs de 440 €/1 000 L en moyenne contre 470 €/1 000 L de coût de revient (avec deux Smics de rémunération forfaitaire). Un coût au litre qui devrait encore s’accroître en 2027 sous l’effet de la hausse des charges et d’une production probablement plus faible.
La volaille s’en sortait avant l’été
Les abattages de volailles en Bretagne étaient en hausse en 2025, tirés par le poulet lourd, mais sont en baisse en 2026 de 2,4 % sur cinq mois. En 2025, la marge poussin-aliment a couvert le coût de revient en poulets lourds mais pas en dindes. La production d’œufs de consommation était en hausse de 2,9 % sur un an. Les effets des canicules estivales (mortalité, œufs plus légers) nécessitent d’investir pour adapter les bâtiments.
Bernard Laurent
Les charges explosent
Le prix du GNR est passé de 0,96 €/litre il y a un an, à 1,53 au mois d’août et poursuit sa progression ; les prix de l’ammonitrate sont à 540 €/tonne en dépit des aides et les taux d’intérêt augmentent : la France emprunte désormais à 4,5 % pour financer sa dette, avec des répercussions internes, touchant à la fois les entreprises et les épargnants. La sécheresse et les canicules ont encore assombri l’horizon.

