Tisser du lien et se faire entendre

Rés’Agri Finistère et Agriculture au Féminin 29 ont tenu une journée sur le thème des liens créés par les réseaux sociaux et la participation à des groupes, à Pleyben.

Des femmes sur une scène - Illustration Tisser du lien et se faire entendre
De gauche à droite : Carole Perros, Mégane Le Bars et Martine Burel. | © Paysan Breton – F. Paranthoën

« En fonction de votre génération, de vos productions et de vos objectifs, vous allez piocher les informations qui vous concernent dans des groupes ou dans des réseaux sociaux. C’est un écosystème dense, il faut faire le tri dans ces supports », introduit Carole Perros, directrice de l’association Agriculteurs de Bretagne, lors d’une journée nommée « Et si on semait du lien », organisée par Agriculture au Féminin 29. « Les 15-24 ans sont plutôt sur Instagram, TikTok et Snapchat, les 25-49 ans sur Facebook et Instagram, les plus âgés sont essentiellement sur Facebook, mais émergent aussi sur d’autres réseaux », résume-t-elle. Pour échanger et garder des relations entre personnes, et plus particulièrement pour les agricultrices, le présentiel est-il mis à mal avec les liens tissés via internet ? « Les femmes doivent être dans un espace d’expression qui les met en confiance, elles doivent être à l’aise pour s’exprimer ».

Tout le monde peut le faire

Mégane Le Bars, connue aussi sous son nom d’influenceuse Megg_agri, a su prendre le meilleur des réseaux sociaux depuis qu’elle s’est lancée sur ces moyens de communication, en période post-Covid. Aujourd’hui, 3 400 abonnés la suivent sur Facebook, 12 900 sur Instagram et 4 300 sur TikTok. « Qui mieux que nous pour parler de notre métier ? Les femmes ne parlent pas assez de toutes les tâches qu’elles font : nous savons aussi conduire le tracteur, parer… », énumère l’éleveuse à la tête d’un troupeau de 120 vaches laitières. L’agricultrice de Saint-Méen prend énormément de photos, et n’hésite pas à les poster.

Les femmes savent aussi très bien parler

Des vidéos expliquant son métier sont également créées. « C’est un public de 17 et 35 ans qui me suit, agriculteurs, mais aussi des personnes qui découvrent le métier. Tout le monde possède un téléphone. Tout le monde peut le faire ». Et ses interventions et ses créations ne se résument pas à des modèles en ligne. « Je suis aussi dans des réseaux physiques, notamment au bureau des Jeunes Agriculteurs. Nous sommes très peu de filles, même si nous essayons d’aller chercher du monde. On a tendance à laisser les hommes aller aux réunions, alors que nous savons aussi bien parler ».

Journaux, réseaux et expériences

Chez les plus jeunes, la recherche d’informations passe par plusieurs canaux. Margaux Lalanne, étudiante à l’Iréo de Lesneven, explique suivre « les réseaux sociaux, mais aussi en tant qu’apprentie la presse spécialisée consultée par mes patrons, comme le Paysan Breton ». Même réponse pour Candice Favé, aussi étudiante à Lesneven. Les médias physiques gardent une place de choix, face à la déferlante des informations plus « virtuelles ». Clément Le Moigne va, lui, encore plus loin. Il se nourrit d’informations « en participant avec les JA à des réunions avec nos laiteries, ou à des évènements comme Agrifête ». L’étudiant poste en parallèle des vidéos, composées « de belles images de matériel et d’animaux, pour cibler un public qui ne connaît pas l’agriculture ». Ces séquences voyagent, car ses vidéos sans paroles évitent d’avoir une barrière de la langue, ses followers viennent du monde entier.

Fanch Paranthoën

« Il est impératif de se mobiliser »

Martine Burel est présidente du réseau Femmes de Bretagne et de Loire-Atlantique, réseau qui existe depuis 2014 et qui « n’est pas de l’entre-soi. Il sert à équiper les femmes pour être à l’aise dans le monde de la mixité ». Forte de 1 600 membres, l’association repose sur 3 piliers. Le premier, « individuel, permet à chacune de s’épanouir. Le second, collectif, permet de parler d’une voix commune. Le dernier, sociétal, évite les dérives. Les femmes doivent se mobiliser, il est impératif qu’elles prennent la parole. Je tiens à ce qu’il y ait de l’engagement, sous peine de ne pas aller loin ». L’association organise une journée à Hennebont le 20 novembre, dont le but est de transformer les freins en élan, « et de repartir avec des solutions concrètes, des alliées, et l’envie d’oser ». Renseignements sur le site www.femmesdebretagne.fr.


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