Agriculteur et acteur contre les feux

Les agriculteurs sont passés à l’action pour prêter main forte aux pompiers lors des incendies de l’été dernier. Pierre-Yves Buzit a témoigné de son rôle lors de ce sinistre, le lieutenant-colonel Jean-Luc Falc’hun a prodigué des conseils utiles.

16612.hr - Illustration Agriculteur et acteur contre les feux
La nature a repris ses droits dans les Monts d’Arrée, même si des stigmates des incendies sont encore visibles.

14 h 47, le 18 juillet 2022. Les téléphones sonnent au Service départemental d’incendie et de secours du Finistère. Des départs de feu sont constatés dans les Monts d’Arrée. « Nous étions loin de penser que nous étions partis pour 50 jours de lutte. J’ai tout de suite pensé à l’aide apportée par les agriculteurs : ils ont du matériel de grande contenance de plus de 20 000 L, loin devant nos 43 camions type incendie dont la plupart ne dépassent pas 4 000 L de capacité. De plus, les agriculteurs connaissent les “ribines” ». Marguerite Lamour, présidente du SDIS 29, connaît l’efficacité de l’action des agriculteurs, étant aussi maire de Ploudalmézeau (29), commune souillée par une marée noire en 1978 avec l’échouage de l’Amoco Cadiz. Les paysans de l’époque étaient rapidement intervenus avec leurs tonnes pour pomper les hydrocarbures. Un été éprouvant À 15 h 10, toujours ce 18 juillet de l’été dernier, Pierre-Yves Buzit, jeune agriculteur de Brasparts (29), voit des fumées s’échapper de la montagne. « 1, puis 2 et 3 camions de pompiers sont passés. Le 3e m’a crié d’aller chercher une tonne à eau », a-t-il témoigné le 27 juin, lors de l’assemblée générale de Rés’Agri Finistère, à Pleyben (29). En faisant fonctionner son réseau, pour 17 h, le producteur de lait arrive à mobiliser 6 tonnes remplies.Le ballet des tracteurs s’est activé, ravitaillant les réserves d’eau des pompiers pour combattre des feux avançant de 20 à 30 km/h. « Nous avions l’interdiction d’intervenir directement. Le feu s’est calmé, pour mieux reprendre le 6 août avec un peu plus de vent. Chaque jour, je coordonnais les tonnes pour qu’il y en ait 8 à 10 de prêtes pour le lendemain. Aussi, nous n’avions pas les mêmes codes que les pompiers qui travaillaient avec des cartes et des points GPS. Je traduisais, nous savions où étaient les points d’eau. Ce fut un été éprouvant : le feu a…

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