- Illustration Être réactif face à la météo
Enfouissement du fumier et travail superficiel par Fabien Luherne avant le semis de dérobées RGI + trèfle incarnat après 30 mm de pluie l’avant-veille.

Être réactif face à la météo

Pour le Gaec du RDV, à Sulniac (56), la priorité est d’avoir un système de cultures le plus cohérent possible pour l’autonomie alimentaire de l’élevage laitier.

« Le choix a été fait de ne pas laisser les terres nues afin de toujours produire et protéger le sol, de nourrir d’abord celui-ci pour avoir des fourrages et cultures de bonne qualité et un troupeau en santé ainsi que de diversifier le système fourrager », résument les associés du Gaec du RDV.

Semer et pâturer tôt

Cette diversification passe par des prairies de fauche de 3 à 5 ans dont 9 ha de luzerne – qui ont mieux supporté la sécheresse –, des dérobées à base de RGI/trèfle incarnat, des mélanges protéiques à base d’avoine, de pois fourrager et de vesce. Sur cette exploitation où les éleveurs pratiquent le pâturage tournant dynamique, les éleveurs conservent 4 à 5 mois de stocks de sécurité en maïs ensilage et herbe conservée « pour dormir tranquille en zone sèche comme chez nous ».

Fabien, Xavier et Vincent Luherne considèrent qu’il faut « être opportuniste et réactif face à la météo, ne pas hésiter à semer tôt si les températures et le ressuyage des terres le permettent ». Ainsi, pour l’herbe, ils font pâturer le plus tôt possible avec un déprimage dès début février. Les débrayages de paddocks, les bandes enherbées et les prairies permanentes sont récoltées en plus des prairies de fauche. Le maïs est semé le plus tôt possible suivant les températures de sol afin d’assurer en ensilage les besoins de fourrage de l’année, le surplus éventuel est récolté en grain.

Matière organique et amendement

La valorisation des engrais de ferme se fait avec l’épandage du fumier à l’automne sur les prairies pérennes de fauche, puis sur les paddocks pour les régénérer, et à l’implantation des dérobées et des colzas oléagineux en août. Le reste est destiné aux terres à maïs début mars. Enfin, il y a des apports calco-magnésiens annuels sur la moitié de la sole et un travail le plus superficiel possible permettant de garder l’eau et les éléments minéraux. La gestion de la matière organique avec les engrais de ferme et la place indispensable de l’équilibre calco-magnésien sur nos sols à roche mère acide est la base de la qualité des productions végétales et animales de notre région.

Jean-Luc Le Bénézic et Claire Mével – Agroécologie – Prestae Conseils – Eureden

Vers des systèmes plus résilients

Les phénomènes climatiques plus intenses (sécheresse, excès d’eau…) obligent à intervenir encore plus vite que par le passé. « Les périodes de production (photosynthèse) des plantes risquent de se réduire. Les choix des mélanges d’espèces et de pratiques culturales adaptées seront encore plus déterminants à l’avenir, ainsi que l’approche agronomique liée à la gestion de l’eau et à la fertilité des sols.

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