Élevage

Aviculture : Le fonds chaleur accessible à tous les éleveurs

L’ aide comprise entre 30 et 40 % devrait lever le frein des investissements pour l’installation d’une chaudière bois.

Le système de bonus/malus lié au taux de pododermatites en poulet incite fortement les aviculteurs à changer de mode de chauffage qui était traditionnellement au gaz avec combustion dans le poulailler ce qui apporte beaucoup d’humidité et a tendance à dégrader la litière. Le système de chaudière bois semble le plus adapté pour le chauffage des poulaillers mais le montant de l’investissement était souvent un frein pour les éleveurs. « Sur certains secteurs les collectivités avaient activé le fonds chaleur pour que les éleveurs puissent bénéficier d’aides sur ces chaudières bois. D’autres territoires étaient moins bien servis. Le nouveau dispositif depuis janvier 2021 permet à tous les éleveurs d’accéder aux mêmes aides », explique Laurent Somer, conseiller énergie à la Chambre d’agriculture.

Limiter le repaillage manuel

Jean-Philippe Grissault qui est associé avec sa femme Catherine sur un élevage de 4 500 m2 spécialisé en poulet de chair sur la commune de Plouasne (22) va saisir cette opportunité d’aides pour investir dans une chaudière bois de 500 kW de puissance. « Sur notre élevage, nous n’avons pas voulu investir dans une pailleuse à air pulsé car nous trouvons que cela génère trop de poussière et entraîne des griffures sur les volailles lors des repaillages. Par conséquent, le repaillage se fait manuellement avec un mélange de cosse et de sciure à une fréquence comprise entre 4 et 7 fois par lot selon les saisons. En fonctionnant ainsi, nous atteignons de bons taux de pododermatites comme lors du dernier lot où les femelles étaient à 5 % et les mâles à 8 %. Mais c’est une tâche qui est dure physiquement. L’investissement dans une chaudière bois va nous permettre d’adapter le chauffage et la ventilation pour maintenir une ambiance et une litière sèche sans avoir à effectuer autant de rajouts de litière. Tout cela avec de l’énergie renouvelable », explique l’aviculteur.

30 à 40 % d’aides

Sur cet élevage de 4 500 m2, l’investissement dans la chaudière bois, le réseau de chaleur et 3 aérothermes par poulailler est de 315 000 €. Dans le cadre du fonds chaleur les aides devraient atteindre 30 % à 40 % du montant de l’investissement éligible (chaudière et réseau de chaleur). Sur le montant global qui comprend les bâtiments (stockage plaquettes et local chaudière) on sera entre 20 et 25 %. « Le projet se fera sous réserve que les aides accordées soient suffisantes. » Depuis janvier 2021, une dizaine d’éleveurs ont sollicité une demande de subvention fonds chaleur. Le conseiller énergie de la Chambre d’agriculture prépare les dossiers et les oriente vers la subvention adéquate. À terme, le syndicat mixte d’énergie du Morbihan gérera l’enveloppe financière du fonds chaleur pour tous les dossiers bretons en agriculture.

Produire ses plaquettes
Avec les subventions actuelles, le temps de retour sur investissement pour un éleveur qui choisit de s’approvisionner à 100 % en plaquettes de bois avec un tiers sera d’environ 15 ans. Par contre, dans le cas ou il autoproduit ses plaquettes avec du bois de l’exploitation, le temps de retour passe à 10-11 ans. « Des temps de retour qui restent relativement élevés du fait des investissements conséquents dans la chaudière, le réseau de chaleur, mais aussi le bâtiment et les aérothermes dans les poulaillers. »
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