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De l’or dans les mains

Claire Badier et Achille Josse travaillent à la main l’or et l’argent, les assemblent avec des pierres précieuses pour créer des bijoux sur mesure et personnels. Souvent les bijoux d’une vie pour leurs clients.

Établis depuis 5 ans à Vitré, Claire Badier et Achille Josse sont des artisans bijoutiers joailliers, des vrais… Dans leur boutique située rue de la poterie, au cœur du quartier médiéval de la ville, on ne trouvera pas de logiciel de conception, d’imprimante 3D ou d’automate. Toutes leurs créations sont réalisées manuellement selon les techniques qu’ils ont apprises de leurs différents maîtres et qu’ils renouvellent aujourd’hui. « C’est ainsi que l’on conçoit notre métier », notent les deux artisans originaires de Rennes et Amanlis. Leur lieu d’accueil est ouvert sur l’atelier « pour montrer que les bijoux sont réalisés ici », soulignent-ils.
« Nous créons beaucoup de bagues pour les mariages notamment, des pendentifs, des torques (colliers traditionnels celtes), des boucles d’oreilles, des piercings aussi… Des réparations sur mesure sont aussi réalisées. Nous avons deux périodes intenses de travail : avant les fêtes de fin d’année et avant les mariages en juin-juillet. »

De l’artisanat d’art

Le couple œuvre de concert pour répondre aux envies, aux ressentis de leurs clients, tout en apportant leur touche propre qui fera la différence. « Les gens viennent avec des idées, avec une pierre précieuse à mettre en valeur, des bijoux à rénover, à transformer… Nous cernons leurs attentes pour faire ressortir l’histoire qu’ils désirent mettre en bijou en tenant compte de leur budget. »
Initialement, Claire Badier a suivi des études d’archéologie. « Cela me permet de mêler l’histoire de l’art à mon métier, d’adapter des techniques anciennes… ». Achille Josse s’intéressait plutôt à la ferronnerie d’art et la culture bretonne et celtique. En 2009, tous les deux ont rejoint l’école de bijouterie et d’orfèvrerie Tané de Ploërmel pour une formation de deux ans, très professionnalisante avec des stages, débouchant sur un brevet des métiers d’arts.

Expériences dans le luxe parisien

Par la suite, Claire a été embauchée pendant 4 ans par son maître de stage, joaillier renommé à Paris qui lui a transmis de précieux savoirs. De son côté, Achille a travaillé dans plusieurs entreprises en lien avec les grandes marques de luxe. « Ces expériences nous ont appris la rigueur de l’excellence, la précision de l’architecture du bijou, comment accompagner une pierre précieuse pour avoir de l’esthétisme, de la solidité, du confort… » Avec l’arrivée de leur premier enfant, ils décident de revenir en Bretagne fin 2015.
Dans l’atelier, chacun dispose de son établi, en arc de cercle pour plus de confort, au centre duquel est fixée une cheville en bois : une pièce qui se change régulièrement dont le rôle est de faciliter le travail de perçage, sciage, limage… Sur l’établi, tous les outils sont à portée de main : les multiples pinces, forets, lames de scies, la mini-enclume, le chalumeau… « La lumière est bien positionnée au-dessus du travail en cours. On récupère les poussières et morceaux précieux sur une peau en cuir attachée au niveau du cou. »

Or d’origine 100 % recyclé

Les artisans ont recours à deux techniques : bijoux sculptés ou en fonte à « cire perdue » avec de la cire sculptée à la main qui sert de modèle au métal. Par ailleurs, ils utilisent de l’or 18 carats, ce qui signifie que l’alliage contient 75 % d’or pur, et d’origine 100 % recyclé pour limiter l’impact de leur activité sur l’environnement. Ils font aussi appel à un tailleur français qui s’approvisionne en pierres éthiques. « Beaucoup de nos clients viennent avec d’anciens bijoux qu’ils souhaitent fondre pour en refaire de nouveaux. C’est surtout sentimental. » Une manière de conserver un lien avec une personne chère qui peut être décédée…
Parmi leurs plus belles créations, la bague « Nid d’Alcyon » (en référence à l’oiseau mythologique) sublime une pierre de tanzanite d’1,5 cm amenée par des clients. Cette pierre fragile est protégée par une corolle et entourée de brins entrelacés en or blanc avec une dizaine de petits diamants qui l’accompagnent. Une réalisation splendide.

La nature et la Bretagne comme source d’inspiration
Pour nourrir leur créativité, donner à leurs futurs bijoux « davantage de poésie, de symbolique », Claire Badier et Achille Josse vont tenter une nouvelle expérience. « Nous allons sortir nos établis dans la nature qui nous inspire tant, pour aller au contact des éléments sur des plages, dans des forêts, près de rivières, les utiliser pour créer… ». Une envie renforcée par les confinements liés à la crise sanitaire. « Nous pourrons rencontrer des gens lors de ces sorties, leur faire connaître davantage notre métier, le sortir du côté ‘secret’ … ». Les bijoutiers projettent aussi de travailler avec des pierres locales qui sont plus courantes mais moins problématiques que les pierres précieuses sur le plan environnemental ou social : la belle calcédoine bretonne par exemple…

Contact : L’Atelier du Feu Secret, 24 bis rue de la poterie 35 500 Vitré
Tél. 02 99 74 75 58 – Facebook

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