ÉlevageIlle-et-Vilaine

Veaux, chèvres, pommiers sur la même ferme

Fromages, veaux, jus de pomme : la diversité des productions de Laurent et Sandrine Hignet offre davantage de résilience à leur système en vente directe et circuits courts.

Sur la Ferme de L’Hôtié, de l’herbe, du foin et des pommes sont produits sur une même parcelle. «  Notre objectif est de valoriser au mieux notre ferme de 33 ha de SAU, 100 % en herbe », évoquent Laurent et Sandrine Hignet qui se sont installés en agriculture biologique à Paimpont (35) en 2008, en production caprine. « Des vergers étaient présents sur la ferme et nous réimplantons de jeunes pommiers, environ 110 par an en intraparcellaire ».

Des bovins complémentaires aux caprins

Arrivé en complément, l’atelier bovin allaitant compte 10 mères en races bretonne pie noire, normande et croisée. « Nous ne commercialisons pas le lait des vaches, juste les veaux vendus entre 4 et 6 mois. Les vêlages sont groupés en hiver et nous n’avons pas de bâtiment pour les bovins. Les vaches mangent ce que les chèvres refusent… », ont expliqué les éleveurs lors d’une porte ouverte à distance organisée par Agrobio 35 le mardi 12 janvier.
Le troupeau caprin est composé de 55 chèvres et 6 boucs avec des mises bas en février – mars. « Les chèvres vieillissent et meurent sur la ferme. En monotraite toute l’année, le matin, elles produisent entre 400 et 450 L/chèvre/an. » L’alimentation est basée sur du pâturage, de l’affouragement en vert (avec une autochargeuse d’occasion) et du foin. « Nous donnons aussi jusqu’à 300 g/chèvre/jour de mélange céréalier (avoine, orge, pois, féverole) en début de lactation surtout. De la luzerne déshydratée est aussi apportée à ce stade. »
« Nous ne donnons pas de concentrés en salle de traite, les chèvres se bloquent directement en entrant sur le quai. Pour limiter les manipulations, nous avons deux grands quais de traite pouvant contenir 20 chèvres chacun », souligne Laurent Hignet.

Pâturage libre sur 5 ha

Aujourd’hui, les chèvres pâturent librement sur 5 ha clôturés (des fils électriques protègent aussi les pommiers). « Ce pâturage libre permet de moins raser les parcelles et de réduire ainsi le parasitisme. La hauteur d’herbe est de 10 – 12 cm en permanence et ces surfaces ne sont pas fauchées. C’est aussi un gain de temps pour nous. Pour mieux gérer le parasitisme, nous faisons aussi des cures de tanaisie fraîche (venant d’une haie fauchée) sur 3 jours, deux à trois fois par an, et des cures de chlorure de magnésium. Des traitements à base de plantes peuvent aussi être administrés en curatif. »

Quinze kilomètres de haies bocagères

L’exploitation compte 15 km de haies aujourd’hui : « Elles représentent des barrières contre le vent, de l’ombrage mais aussi une source d’alimentation pour les animaux… ». Dix à quinze chevrettes par an sont élevées pour le renouvellement. « Pour éviter toute transmission de paratuberculose, seules les chevrettes n’ayant pas du tout tété leur mère sont gardées. Elles sont alimentées avec une louve (lait en poudre) et du foin. Nous leur donnons aussi du kéfir de lait pour limiter les problèmes digestifs », détaillent les éleveurs.

Des marchés locaux
Environ 30 000 L de lait sont transformés sur la ferme dans la fromagerie de 70 m2 : fromages frais, affinés et tommes de chèvres. « Du lait de vache bio est aussi acheté pour produire de la tomme de vache en plus », précise Sandrine Hignet qui travaille davantage sur la partie transformation avec un salarié. Pour l’atelier pommes, environ 15 tonnes sont récoltées annuellement aujourd’hui et transformées en 8 jus différents. « Nous vendons nos produits au marché des Lices, sur le drive fermier ‘Clic ta berouette’ et via quelques magasins de producteurs autour de Paimpont. » Les deux agriculteurs sont satisfaits par la rémunération de trois emplois sur leur ferme et apprécient leur qualité de vie. Aujourd’hui, ils travaillent 40 heures/semaine chacun et affichent l’objectif de se dégager davantage de temps libre pour de nouveaux projets.
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