Noël avant l’heure pour les consommateurs

Sans Titre 1 - Illustration Noël avant l’heure pour les consommateurs
Débats nourris entre les syndicalistes et un responsable de rayons.
Sur fond de loi Egalim non respectée, derrière le slogan « Nos agriculteurs ont de la valeur », représentants de JA et FDSEA 22 ont mené une distribution gratuite de produits alimentaires français sortis des rayons d’un hypermarché.

Alors que la période des négociations commerciales s’ouvre entre la grande distribution et ses fournisseurs de la transformation, les syndicalistes ont mené une première opération spectaculaire. Un groupe ne cinquantaine de Jeunes Agriculteurs des Côtes d’Armor accompagnés de quelques responsables de la FDSEA se sont retrouvés, vendredi 18 décembre, en matinée à l’Hyper U d’Yffiniac. Mot d’ordre de l’action : identifier les produits français, barrer leur code barre et les distribuer ensuite aux clients gratuitement. « Comme nous ne sommes pas rémunérés pour nos lait, volaille, porc, bœuf ou légumes de haute qualité, nous ne voyons pas pourquoi le consommateur devrait les payer », expliquaient ensuite les manifestants en les proposant aux personnes passant en caisse. Le message était bien reçu par des consommateurs compréhensifs et sensibles à la situation difficile des agriculteurs. Certains sont ainsi repartis avec une plaquette de beurre, des yaourts, des tranches de jambon, un poulet à cuire ou un chou-fleur. Au total, 15 caddies ont été chargés. À la fin de l’action, ceux-ci ont été laissés à l’entrée pour être distribués aux associations.

« Assassinés à coup de centimes en moins »

La visite inopinée des syndicalistes (dans les autres départements bretons, la même opération intervenait de manière concomitante) a été menée sur fond de loi Égalim non appliquée. « Nos coûts de production ne sont toujours pas intégrés dans les négociations commerciales et l’État ne sanctionne pas », pointaient des producteurs usés face à des cours dégradés depuis des années. Et pourtant, les prix à la consommation ont tendance, sur le long terme, à augmenter. « La valeur n’est toujours pas répartie équitablement. » Face à un responsable des rayons alimentaires, un JA excédé lançait : « Chaque année, tu nous assassines à coup de centimes en moins. Viens donc faire notre boulot sans être payé… »

Pour un prix de revient intégré nationalement

On tente de renvoyer la responsabilité sur les coopératives du côté de la distribution. « La loi Égalim ne concerne que ceux qui vous achètent vos produits. » Si les syndicalistes ont promis de visiter prochainement leurs transformateurs, ils ne sont pas « dupes » sur le rôle de chacun empêchant le « prix juste » à la ferme : « Oui, ce sont les coopératives qui achètent nos productions, mais c’est la distribution qui en fixe le prix. » Comme souvent, les commerçants ont également brandi leur initiative de contrats locaux où le prix de revient des producteurs est intégré. « Cela ne nous suffit pas. Comme le dicte la loi Égalim, nous voulons que ce prix de revient soit pris en compte nationalement ! », ont terminé les syndicalistes.

Vers une rencontre devant le préfet ?

Jérémy Labbé et Tristan Delisle (président et secrétaire général de JA 22), Fabienne Garel et Philippe Cherdel (présidente et secrétaire général de la FDSEA 22) se sont entretenus pendant 1,5 heure avec le directeur du magasin afin de « sensibiliser les GMS à la veille des négociations commerciales ». Cet entretien s’est conclu par une proposition : « Organiser une réunion avec la préfecture, la distribution, les industriels et les agriculteurs pour pouvoir avancer sur la problématique des EGA ».


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