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Les corbeaux s’attaquent aux cultures de maïs

Hervé Sarrazin a été obligé de resemer 8 ha de maïs dans une parcelle de 12 ha suite à des dégâts causés par une population d’environ 300 corbeaux.

« En Ille-et-Vilaine, nous sommes régulièrement confrontés aux dégâts de sangliers, cervidés ou autres blaireaux sur nos cultures. Depuis quelques années nous voyons émerger de nouveaux dégâts liés aux corbeaux, corneilles et quelques cas moins fréquents de choucas », lance Yves Rolland membre de la FDSEA 35 et responsable du dossier chasse lors d’une rencontre le 23 juin dans une parcelle de maïs touchée par des attaques répétées de corbeaux. Par faute de prédateurs et d’une régulation efficace les populations de ces nuisibles se développent de façon exponentielle.

300 corbeaux dans la parcelle

Hervé Sarrazin, éleveur de bovins viande et de taurillons à Cesson-Sévigné avait semé du maïs le 23 avril dans une parcelle de 12 ha située juste à côté de ses bâtiments d’élevage. « La levée a été bonne en bordure des bâtiments et autour de la parcelle. Par contre, le milieu du champ a subi de lourdes attaques de corbeaux. À certains moments de la journée, ils étaient bien 300 à manger les graines de maïs et arracher les pieds levés », témoigne l’éleveur.

Un préjudice financier et moral

Vers la mi-mai, Hervé Sarrazin a pris la décision de resemer 8 ha dans sa parcelle de 12 ha. « Le préjudice financier est de 1 200 € rien qu’en achat de semence. Il faut rajouter le coût du désherbage puisque j’ai été obligé de repasser ; le carburant, mon temps de travail… Sans compter la perte de rendement de l’ordre de 20 % pour la partie resemée. »

L’éleveur parle aussi de préjudice moral car la situation devient vite invivable. « J’ai mis un canon à gaz tonne fort que je déplaçais dans la parcelle plusieurs fois par jour ; ça a marché 3 jours. Les chasseurs se sont déplacés et ils ont tué 4 corbeaux. Le cerf-volant ou l’épouvantail ne fonctionnent pas mieux que le canon à gaz. Finalement, on s’est relayés avec mon père pour passer plusieurs fois par jour en voiture dans la parcelle pour les chasser. »

Pour Christian Mochet, membre du bureau de la FDSEA 35, il faut que les semenciers relancent l’expérimentation et le commercialisation de répulsifs efficaces en enrobage de semence. « Il faut systématiser les déclarations de dégâts même si il n’y a pas d’indemnisation pour mieux localiser les problèmes. La régulation de ces nuisibles doit se faire collectivement par tous les professionnels agricoles. En réduisant les surfaces de boisement de type peuplier nous réussirons à diminuer la capacité d’accueil et de reproduction du corbeau. »
Les agriculteurs sont unanimes : resemer n’est pas une solution. «À long terme, il faut absolument réussir à réguler les populations.»

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