Élevage

Repenser l’allotement

Avoir des bovins homogènes en poids pour la constitution des lots ne garantit pas de meilleures performances. Il serait préférable de travailler sur les distances parcourues et la réduction du mélange des animaux.

Problème numéro un en engraissement de jeunes bovins (JB), les troubles respiratoires peuvent entraîner une perte de revenu annuel supérieure à 25 % sur l’atelier. Survenant dans le premier mois, ils sont liés au stress du sevrage et du transport, aux mélanges sanitaires et aux conditions d’ambiance. Les effets de la mise en lot ont été estimés au sein de la coopérative Ter’Élevage via une analyse portant sur plus de 15 730 JB charolais intégrés dans 740 lots.

Plus de GMQ avec les lots minimisant les risques

« Les lots minimisant le risque de maladies respiratoires affichent un GMQ supérieur aux lots maximisant le risque. Ces premiers lots ont une proportion d’animaux vaccinés de 50 à 100 %, une distance parcourue plus faible et un taux d’origines inférieur (nombre d’origines/nombre d’animaux). Les variations de poids étaient par contre plus importantes dans ces lots », explique Lucille Hervé, de Terrena.

« Minimiser les taux d’origine et les distances parcourues par les animaux est donc plus intéressant que de privilégier les faibles variations de poids. » L’étude a montré que les lots composés de bovins plus lourds et qui proviennent de nombreux élevages naisseurs ont des performances plus hétérogènes. Ils ne permettent donc pas une homogénéisation de la durée d’engraissement.

La vaccination des broutards contre les troubles respiratoires fait aussi partie des pistes pour améliorer la performance. Un essai mené sur 348 broutards charolais issus de 10 élevages naisseurs engraissés dans 5 ateliers a permis de comparer les impacts de 3 modalités de vaccination : 2 doses espacées d’un mois chez le naisseur (au moins 15 jours avant le départ) – 1 dose chez le naisseur et 1 dose en centre de tri – 1 dose en centre de tri et 1 dose chez l’engraisseur. Aucun traitement collectif d’antibiotique n’a été administré dans le cadre de l’étude.

Au final, « un gain de GMQ significatif de 8 % a été observé chez les broutards totalement vaccinés avant départ », note Béatrice Mounaix, de l’Institut de l’élevage. Comme le souligne un vétérinaire, « pour être pleinement efficace, la vaccination doit avoir lieu avant l’exposition des animaux aux facteurs de risques. Pour les broutards, la 2e injection doit être réalisée au moins 2 semaines avant le départ de chez le naisseur. »

En 2016, des enquêtes ont été réalisées au sujet de la vaccination des broutards. Les 32 naisseurs enquêtés affichent une bonne perception de la vaccination et nombre d’entre eux vaccinent déjà leurs très jeunes animaux pour la période en bâtiment. Mais l’organisation de cette vaccination plus tardive apparaît difficile à mettre en œuvre car les broutards sont souvent à l’herbe avant le départ et accompagnés de leur mère. Leur manipulation est compliquée, notamment sans équipement de contention. Le coût des vaccins est le second frein. Le conditionnement en flacon de plusieurs doses et la faible durée de conservation sont notamment mis en cause. De leur côté, les engraisseurs et négociants estiment qu’il est difficile de regrouper suffisamment d’animaux vaccinés. L’échange entre naisseurs et engraisseurs est fondamental dans cette démarche de progrès.

La préparation chez le naisseur évaluée
La préparation des broutards chez le naisseur en les habituant aux conditions d’engraissement pourrait faciliter la vaccination avant le départ. Le projet Welhbeef va objectiver les impacts d’une préparation très complète : sevrage 45 / 50 j avant transport, double vaccination, déparasitage, alimentation équilibrée en vitamines, minéraux, oligo-éléments, antioxydants et habituation au bâtiment (auge, boisson…). Premier résultat : le gain économique lié à des animaux plus lourds dépasse les charges supplémentaires de 145 €.
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