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Des vêlages à 23 mois grâce à une organisation pointue

Alimentation soignée, bonne gestion de la santé et insémination précoce permettent à Stéphane Brizard d’élever des génisses qui vêleront à 23 mois en moyenne en Prim’Holstein.

Parvenir à une moyenne d’âge de 23 mois en Prim’Holstein et 24 mois toutes races confondues n’est pas un problème pour Stéphane Brizard, qui fait partie des 10 – 12 éleveurs du service Délég’Génisse mis en place par Eilyps auquel adhèrent 50 à 55 naisseurs.

Un atelier de 270 génisses

« Avant de m’installer en 2002 en production laitière, j’ai travaillé pendant 7 ans en contrôle de croissance des génisses. En 2014, à la fin de mes prêts JA, je me suis posé la question de continuer dans le lait, mais la modernisation n’était pas simple sur mon site et je suis seul sur l’exploitation. J’ai préféré m’investir dans l’élevage des génisses : une passion. J’ai commencé début 2015 et j’ai arrêté le lait en mars 2016. Mon objectif est d’avoir 270 génisses en fin d’année », a détaillé Stéphane Brizard lors d’une porte ouverte organisée par le Ceta 35 le 13 novembre sur l’élevage situé à Bruz (35), d’une SAU de 75 ha.

Les croissances sont optimisées avec un plan d’alimentation bien cadré. « Les génisses arrivent sur l’exploitation à l’âge moyen de 35 jours, écornées et indemnes de BVD, paratuberculose et néosporose. Elles sont 32 par lots. Chaque femelle est achetée 150 € et revendue 1 600 € au naisseur. Les Prim’Holstein partent 50 jours avant vêlage, 100 jours pour les races qui vêlent plus tard. »

Réhydratation au thé de foin

« Dans la nurserie, les génisses sont triées dans 4 cases selon leur poids. Elles commencent par une diète et une réhydratation au thé de foin. Cela les remet en forme. » Ce breuvage est préparé en mettant 1 à 1,5 kg de foin multiespèces dans une bassine de 100 L remplie avec de l’eau à 70 °C. Les génisses reçoivent ensuite un repas par jour de lait, arrivant à 800 g de poudre de lait environ 10 jours après.

Pour sa production de génisses, l’agriculteur a acheté un taxi à lait motorisé (coût de 5 000 € environ). « L’important est d’avoir une régularité dans la distribution au niveau du brassage, de la température et de la quantité. 8 à 10 jours après leur arrivée, les génisses sont tondues. Je fais 2 cures à l’huile de foie de morue par semaine, je distribue aussi de la vitamine C et de l’argile. » Des granulés sont intégrés progressivement, le lait est arrêté quand j’arrive à 2 kg. « Je fais faire cet aliment qui a une valeur de 1,05 UFL. »

Un mash maison

Du mash est progressivement intégré, puis c’est le seul aliment de 3,5 – 4 mois à 6 – 7 mois. « Je le réalise tous les 10 jours environ avec une mélangeuse que je loue. Il contient de la paille et du foin broyés (moitié-moitié), du maïs grain, du soja, de la mélasse et du CMV. » Par la suite, la ration est basée sur du maïs ensilage, de la paille et du soja. Elle est confectionnée et distribuée 2 fois par semaine puis simplement repoussée. « Pour ne pas avoir de problème sur le silo de maïs, je mets du conservateur et il est ouvert au nord. »

« Si je rate une chaleur, c’est 35 € en moins pour moi »

Après avoir passé 70 – 75 jours dans la nurserie (suivis de 2 semaines de vide sanitaire), les génisses rejoignent l’ancienne stabulation réaménagée. « Des faux plafonds les protègent. » Puis, elles vont dans le nouveau bâtiment mis en service en septembre dernier. « Pour la détection des chaleurs, je suis aidé par des colliers Heat time. Si je rate une chaleur, c’est 35 € en moins pour moi », précise Stéphane Brizard. « Je commence à repérer les chaleurs à partir de 10 mois et à inséminer à partir de 12 – 13 mois. Pour choisir la date de 1re insémination, l’éleveur regarde le poids à 6 mois de la génisse (objectif de 210 kg), plutôt que les 400 kg à l’IA. « Une génisse mal démarrée est une vache qui ne fera pas carrière », constate-t-il. Les femelles sont pesées 4 fois par an. 

Accessibilité et organisation du travail
Question organisation du travail, dans la nurserie, il n’y a pas de quai, tout est accessible facilement, les seaux, le râtelier… Le nouveau bâtiment de 8 cases a aussi été conçu pour travailler avec confort et gagner du temps. Toute l’information de suivi des génisses est au plus près, dans le bâtiment. « Cela permet de la réactivité pour les IA notamment », souligne Stéphane Brizard. « Les barrières ont été installées pour simplifier les mouvements d’animaux. Je peux faire des cases d’isolement facilement. » Les génisses sortent au pâturage à partir de 6 mois, selon la saison. « Elles sont conduites en 3 lots, dont un lot pour les « proches de l’IA ». Je peux les faire revenir facilement au bâtiment pour les bloquer au cornadis. » Avant d’administrer un antiparasitaire, l’éleveur réalise des coprologies deux fois par an. Deux vaccinations (BVD et fièvre Q) sont réalisées avant l’IA. Et avant de repartir chez le naisseur, les génisses doivent avoir 2 échographies positives.
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