Edito

Vert

Les grands chamboulements n’interviennent jamais sans signes précurseurs. Encore faut-il vouloir les voir. Et pour les voir, encore faut-il les regarder. Un peu comme cette plante commune que l’on piétine par inattention et que l’on protège dès lors que l’on prend conscience de son utilité.
Ne pas avoir perçu la poussée des listes écologistes aux dernières élections ressemble à cette rosette insignifiante qui s’est épanouie sans que les instituts de sondage ne la voient croître. Sans doute étaient-ils trop focalisés sur le bouquet flétrissant du vieux monde. Il suffisait pourtant que les sondeurs se pointent à la sortie des lycées de l’UE pour qu’ils sentissent que le Parlement européen prendrait un coup de vert.

C’est dans ce « green context » que reprendront prochainement les négociations sur la future Pac 2021-2027. Elles seront immanquablement impactées par l’attente d’une jeunesse qui n’est pas seulement verte, mais pro-européenne. Dès lors, le verdissement de la prochaine Pac paraît inéluctable. Le redéploiement d’une partie des aides vers des mesures de lutte contre le changement climatique a de fortes chances d’être inscrit dans la future Pac. Car si l’Europe adopte l’objectif de la neutralité carbone, la mission partagée de l’agriculture sera d’être en même temps un outil de production de biens alimentaires et un puits de carbone. Changement de systèmes agricoles en vue… et d’anthologiques combats d’idées en perspective. « Il faudra que les citoyens comprennent que la vie va changer », a lâché vendredi dernier à Saint-Brieuc Nicolas Hulot, le parrain de la Breizh Cop – le sommet breton pour le climat –. Ce message éclairé a-t-il été entendu ? Encore faut-il vouloir l’entendre. Et pour l’entendre, encore faut-il l’écouter.

Peut vous intéresser

Lire aussi...
Fermer
Bouton retour en haut de la page
Fermer