Des outils pour piloter ses céréales

Un satellite Sentinel permet l'acquisition des images. - Illustration Des outils pour piloter ses céréales
Un satellite Sentinel permet l'acquisition des images.
Les céréales sont soumises à de nombreuses aléas. La génétique et l’expertise agronomique sont des réponses pour préserver rendement et qualité. Des moyens complémentaires, comme les outils d’aide à la décision, apportent précision et efficacité.

Ravageurs, adventices, stress nutritionnels (carence en azote, phosphore, potasse et soufre…), ou maladies… les pressions que subissent les céréales sont nombreuses ! La recherche génétique a permis d’obtenir des variétés plus performantes, plus tolérantes aux maladies, tout en préservant les critères rendement et qualité. L’utilisation d’outils d’aide à la décision permet d’exprimer au mieux le potentiel de ces variétés. Ainsi, le pilotage de la fertilisation et l’aide au positionnement des fongicides permettent de gagner en performance et sont aujourd’hui de plus en plus accessibles.

Fongi Tech’ : intervenir au bon moment en fongicides

Fongitech’ est un modèle de prévision de maladies basé sur l’historique et la localisation des parcelles, ainsi que sur les conditions métérologiques de l’année. La première étape est l’édition d’un bulletin de risque “a priori”, prenant en compte la variété implantée, le précédent cultural et le travail du sol effectué. Celui-ci permet d’estimer les risques de pression pour des maladies fongiques comme le piétin, la rouille, l’oïdium ou la septoriose. Ensuite, de façon hebdomadaire, un bulletin de risque de saison est édité et envoyé par mail. Il est aussi quotidiennement actualisé sur Internet. Il prend en compte les données météo passées et prévisionnelles à partir de différentes sources (Arvalis, Météo Consult, Météo France) et différents modèles. Ainsi, ce bulletin donne, pour les trois semaines à venir, les stades prévisionnels et le risque maladie (risque faible, moyen ou élevé). Cela permet de planifier le travail et d’intervenir au meilleur moment. Lorsque Fongitech propose de déclencher un passage fongicide, il indique quand il faudra réintervenir si nécessaire : ce calcul prend en compte le produit utilisé, la dose appliquée et la pression maladie.

[caption id=”attachment_39345″ align=”aligncenter” width=”720″]L’indice de végétation (NDVI), à gauche, évalue la vigueur et la qualité de la végétation. Le conseil (à droite), repère les zones demandant plus d’azote (en vert foncé et bleu). L’indice de végétation (NDVI), à gauche, évalue la vigueur et la qualité de la végétation. Le conseil (à droite), repère les zones demandant plus d’azote (en vert foncé et bleu).[/caption]

Gain de 5 quintaux

Fongitech est éprouvé depuis plusieurs années, validé par de nombreux essais. Le gain net estimé est de 5 quintaux / ha, selon les résultats de 10 années d’expérimentation sur différents lieux et variétés. Il s’appuie sur des modèles maladies provenant de diverses sources comme Septolys, Stadilys et CrustYello d’Arvalis. L’outil est, par ailleurs, enrichi par les observations terrain des techniciens de Triskalia. Toutes les semaines, ceux-ci réalisent des observations des parcelles et peuvent si nécessaire affiner les conseils de l’outil, tant sur les stades que la pression maladie.

[caption id=”attachment_39343″ align=”aligncenter” width=”720″]Les essais menés ces dernières années montrent que l’utilisation d’OAD permet de gagner 5 q/ha. Les essais menés ces dernières années montrent que l’utilisation d’OAD permet de gagner 5 q/ha.[/caption]

Fertisat, pour moduler et piloter les apports d’azote

Fertisat, en plus du plan prévisionnel de fertilisation, permet d’apporter la bonne dose au bon endroit sur les céréales d’hiver. Comment cela marche ? Tout d’abord, il faut renseigner l’objectif de rendement, la variété, le type d’engrais utilisé, les semaines prévisionnelles de passages (1, 2, 3 passages), le type d’épandage (avec ou sans modulation), ainsi que les valeurs du plan prévisionnel de fertilisation (PPF) de la parcelle. Ensuite, grâce aux images satellite, réalisées sur l’ensemble de la parcelle, différents points sont mesurés en fonction du stade de la culture.

La première mesure réalisée (pour le premier passage d’azote autour du tallage) est l’indice de végétation (NDVI = Normalized difference vegetation index) qui évalue la vigueur et la qualité de la végétation. Cette donnée permet d’homogénéiser le premier apport. La seconde mesure (pour le deuxième apport d’azote autour d’épi 1 cm) évalue la surface foliaire (LAI = Leaf area index, ou indice de surface foliaire). C’est un bon critère pour évaluer si la plante a absorbé une quantité importante d’azote. Cette valeur permet de moduler la dose d’azote prévue dans le cadre du PPF, afin d’homogénéiser la parcelle.

La troisième mesure réalisée (autour de dernière feuille étalée) prend en compte l’activité chlorophyllienne et le potentiel de l’année afin d’ajuster la dose d’azote à apporter. L’outil repère ainsi les zones où la culture nécessite plus d’apports d’azote, tandis que les zones à plus faible potentiel sont également identifiées. Ainsi, la dose prévisionnelle moyenne prévue par le PPF est corrigée à la hausse ou à la baisse, comme le permet la réglementation lorsqu’un outil de pilotage est utilisé.

La date du conseil est choisie entre l’agriculteur et son technicien culture pour être au plus prêt de ses besoins. Si l’agriculteur est équipé d’un système de modulation de la dose d’engrais, un audit de pré-saison est réalisé par Triskalia sur une parcelle “test” afin de vérifier la bonne connectivité des données. Ensuite, les fichiers de modulation sont envoyés par courrier électronique au moment de l’édition des conseils. Avant la livraison des conseils, une calibration des images satellites est réalisée. Cette calibration consiste à prendre une cinquantaine d’images satellites sur la région et de vérifier sur le terrain la bonne interprétation des images.

Philippe Lecuyer / Triskalia


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