Dans les archives de Paysan Breton

Le 23 juin 1946 : La lessive des billets et les lessiveuses

Dans les archives de Paysan Breton :

L’échange des billets a donné lieu à bien des commentaires, et les lessiveuses des paysans, si elles ont procuré aux banquiers moins de travail qu’on ne l’espérait, ont bien fait travailler les imaginations.

Un farceur

C’est un ouvrier d’une grande ville de Bretagne qui s’en est allé faire l’échange avec une lessiveuse, sur une brouette. Quand il a soulevé le couvercle au guichet de la banque, toutes les personnes présentes ont voulu voir sa fortune : la lessiveuse contenait un seul billet de mille francs.

Deux humoristes

Dans un chef-lieu de canton, deux malins ont promené la lessiveuse sur une brouette et les billets débordaient ! À leur arrivée à la banque, l’employé a failli attraper une syncope : les billets n’étaient pas comptés. Or, sous une mince couche de billets (à peine dix mille francs), il n’y avait que du foin. Voilà des gens, au moins, qui n’étaient pas sur la paille !

Ni farceurs, ni humoristes

Ceci se passe dans un chef-lieu de canton de la région de Saint-Brieuc, le mercredi 6 juin. Un employé du ravitaillement (était-il en congé ce jour-là ?) imagine se déguiser en paysan, ou dans ce qu’il suppose faire genre paysan : des sabots pleins de paille, un pantalon à carreaux, une blouse et un chapeau assortis. Il pousse une brouette à travers la ville. Sur la brouette, une lessiveuse ; elle doit être pleine de billets de banque, puisqu’on en voit qui débordent sous le couvercle. Ce sont ceux du paysan qu’il prétend personnifier. Il a trouvé quelques nigauds pour s’atteler à la brouette avec des cordes. Un photographe a cru bon de fixer cette scène destinée sans doute à immortaliser le génie de cet employé du ravitaillement de L… et l’opulence des cultivateurs de la région. On peut regretter l’absence de quelques paysans authentiques pour donner à cet employé en rupture de travail et à ses acolytes la leçon qu’ils méritaient. Nous sommes persuadés que les autorités responsables sauront sanctionner comme il convient cet incident scandaleux. Nous suggérons, pour cet énergumène, la punition suivante : deux mois, mais de travail obligatoire dans une ferme du canton. Il apprendrait ainsi qu’à la terre l’argent est dur à gagner.

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