Garder les pieds sur terre avec son sol

Un profil renseigne sur le fonctionnement du sol, la présence ou non de cailloux et de zones compactées. - Illustration Garder les pieds sur terre avec son sol
Un profil renseigne sur le fonctionnement du sol, la présence ou non de cailloux et de zones compactées.
Patrick Le Gouée explique les grands principes de la formation des sols, en rappelant que le phénomène, très long, est menacé par l’érosion.

Le sol des terres agricoles est une ressource naturelle qui met du temps à se mettre en place. Issu de la roche mère, le sol se forme sur une durée « plurimillénaire. Ce n’est pas qu’un support, il est riche, foisonnant, sur lequel pèsent des pressions », estime Patrick Le Gouée, enseignant chercheur à l’Université de Caen Normandie. Le spécialiste des sols intervenait lors d’une journée organisée par l’APPCB (assemblée permanente des présidents des Commissions locales de l’eau (CLE) de Bretagne).

5 facteurs pour la genèse des sols, et l’homme

Patrick Le Gouée, enseignant  chercheur à l’Université de Caen Normandie. Patrick Le Gouée, enseignant chercheur à l’Université de Caen Normandie.

La roche mère présente dans le sous sol va subir « des désagrégations sous l’effet du climat, formant des éléments de plus en plus fins, ainsi que des néoformations, grâce à des altérations biochimiques des minéraux initiaux. Le processus façonne des minéraux secondaires, comme les argiles, qui sont des composants fondamentaux ». La roche mère, les désagrégations dues au climat, l’altération par la faune et la flore, le temps et le relief sont donc les 5 facteurs principaux de la pédogenèse. « Il faut ajouter à cela l’action de l’homme comme 6e facteur », note l’enseignant. Si 1 cm de sol met des siècles voire des millénaires à se former, il devient crucial de garder cette ressource dans les champs et de limiter au maximum les phénomènes d’érosion.

Vers de nouveaux horizons

Lors de l’observation d’un profil cultural, la fosse peut présenter une mosaïque de couleurs, qui témoignent d’un fonctionnement. « Il y a 3 notions dans un sol. L’épisolum, ou partie supérieure, comprend les horizons labourés et l’épisolum humifère. Il est fortement lié à l’activité biologique des sols. Dans la partie inférieure, aussi appelée solum, ce sont plutôt les facteurs climatiques qui jouent. Enfin, la roche mère, peut aussi être qualifiée de substrat, car elle représente juste un support non local comme c’est le cas en plateaux d’alluvions ».

Le sol est un écosystème à part entière, « 90 % de la masse est composée de micro-organismes qui créent la porosité. Cette porosité est fondamentale dans l’infiltration et le ruissellement ». Et le sol est également une formidable réserve de carbone. L’enseignant-chercheur estime le volume de carbone piégé en terre à « 2 200 gigatonnes, contre 760 contenu dans l’atmosphère. La France compte 30 millions d’hectares de SAU, et l’Europe de l’Ouest perd 1 mm de sol tous les ans. » La ressource s’épuise, car toute perte de matière organique perturbe la biodiversité.

Les différents types d’argile

L’argile est un composant important de la fertilité des sols, qui a « la capacité de fixer et de restituer les éléments nutritifs ». Mais ces argiles n’ont pas toutes les mêmes propriétés. Ainsi, les kaolinites ont des capacités d’échange faibles, et offrent « peu de variations de volume quand ils sont desséchés ou saturés en eau. À l’inverse, les smectites présentent de fortes variations. Ces différentes variations de volumes vont engendrer la structuration multiscanner du sol », explique Patrick Le Gouée. Les sols bretons contiennent en grande partie de la kaolinite et peu de smectite.

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