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Un bâtiment volaille bien conçu à tout “point de vue”

Tant qu’à investir, autant le faire bien et mettre tous les atouts de son côté, tant aux niveaux sanitaire, technique que confort de travail. Pascal et Serge Loric, du Gaec du Point de Vue à Bignan (56), ont investi dans un bâtiment moderne, fonctionnel et adaptable. À découvrir le 12 décembre lors de la porte ouverte.

L’élevage de Pascal et Serge Loric se situe sur les hauteurs de Bignan et porte parfaitement son nom : Gaec du Point de Vue, avec un panorama à 180 degrés sur la vallée de Lanvaux et ses célèbres landes. “On voit même Grand-Champ à une quinzaine de kilomètres de là”, précise Pascal en désignant une antenne à l’horizon.

Avant d’arriver au poulailler, l’exploitation vous accueille tout d’abord avec un panneau « vente directe ». Les deux éleveurs de volaille sont également producteurs de viande bovine, en race charolaise, avec une activité modeste de vente à la ferme. Un peu plus haut, on découvre deux poulaillers un peu plus anciens, avant d’arriver au point d’orgue : le nouveau bâtiment. Imposant, avec ces 2 420 m² de surface au sol et ses 680 m² de panneaux photovoltaïques, il est judicieusement positionné à flanc de colline, à quelques encablures du sommet.

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Pascal et Serge Loric, au centre, entourés de Philippe Poder, conseiller bâtiment à Triskalia et Jean-Marc Le Trionnaire, responsable technique du Groupement Volaille.

Mauvaise surprise

Voilà, le décor est planté ! « Mais, cela n’a pas été si simple, relate Serge, car le terrassement s’est avéré plus compliqué que prévu. Nous sommes tombés sur des rochers qu’il a fallu miner, puis que nous avons fait concasser et cribler sur place pour les utiliser. Au final, même si cela nous a coûté un peu plus cher, nous n’avons pas eu besoin de faire venir de matériaux de carrière. » Jean-Marc Le Trionnaire, responsable technique à Triskalia, qui a accompagné le projet du nouveau bâtiment, confirme que le terrassement offre régulièrement des surprises : « Dans le chiffrage d’un projet, le terrassement peut varier de 1 à 6. C’est pourquoi, il est important de ne pas le sous-estimer. »

Démarré, en octobre 2016, avec les premiers coups de pelleteuse, le bâtiment a été mis en service le 8 août dernier. « À part le terrassement, le chantier s’est finalement bien déroulé », avoue Serge, qui se dit satisfait de l’accompagnement de Triskalia. Le groupement a apporté un soutien financier et est intervenu au niveau de la conception et du dossier administratif. Jean-Marc le Trionnaire et Philippe Poder, conseiller en bâtiment, qui a négocié le béton et les armatures, ont été très présents tout au long du projet jusqu’au démarrage du bâtiment.

Sécurité et confort

« Le poulailler polyvalent est innovant, non seulement par sa taille, mais aussi par les équipements choisis par les éleveurs », fait remarquer Jean-Marc Le Trionnaire. Le sol intérieur est entièrement bétonné et surfacé. Des barrières relevables motorisées permettent de séparer les lots dans la longueur et dans la largeur, pour permettre d’élever des poulets sexés. Les animaux bénéficient de quatre circuits d’abreuvement, permettant de traiter séparément les zones et ainsi économiser sur l’eau et les produits. Une cuve de 20 m3 extérieure permet également de sécuriser l’approvisionnement du puits. « Nous avons fait installer un système de purge en bout de ligne d’abreuvoir, afin de pouvoir évacuer le surplus d’eau stagnante les premiers jours de démarrage des lots », explique Pascal, en montrant le système simple de branchement.

Ambiance de qualité

Les producteurs ont fait installer un portail sectionnel de 5 m, plus adapté pour faciliter les enlèvements de volaille et permettre la pose des barrières centrales intérieures. Par ailleurs, les trois silos sont indépendants et équipés d’un système de pesée individuelle, capable de réaliser des mélanges d’aliment précis et donc de véritables transitions alimentaires. Enfin, le poulailler, sans lumière naturelle, a été conçu pour pouvoir évoluer au besoin de cahiers des charges plus exigeants en termes de bien-être. « En effet, nous avons laissé des emplacements sur les parois pour pouvoir y insérer simplement des fenêtres », explique Pascal, en montrant les zones susceptibles d’évoluer.

« Chez Pascal et Serge Loric, l’accent a été mis sur la ventilation et le chauffage, point essentiel pour une ambiance de qualité », fait remarquer Jean-Marc Le Trionnaire. Il s’agit d’un bâtiment dynamique avec extraction d’air, équipé de cheminées en plafond et de trappes. Le dispositif est complété par des turbines progressives en pignon pour assurer la bonne ventilation des fins de lots. Un auvent clos a été ajouté en bout de bâtiment au niveau des turbines, afin de contenir les poussières et les odeurs. Enfin, le chauffage est assuré par chaleur sèche grâce à des canons à gaz placés à l’extérieur. « Il n’y a pas de combustion à l’intérieur du bâtiment, ce qui améliore l’ambiance et facilite le travail, en particulier le lavage », reconnaissent les éleveurs, qui depuis deux lots, ont appris à piloter ce trésor de technologies.

 

Triskalia-UKL volaille chair en chiffres :

  • 10 techniciens en Bretagne,
  • 600 000 m2 de surface de production,
  • Poulet (sexé, export, standard et croissance lente), dinde, canard de barbarie et canard gras.
Accompagnement des projets par Triskalia
Le conseil volaille de Triskalia a décidé d’une stratégie forte en matière d’accompagnement des projets de créations ou de rénovations de bâtiments, sur les trois espèces : poulet, dinde et surtout canard. Le soutien des éleveurs se fait au niveau financier (aides et prêts), administratif et technique, en particulier auprès des jeunes, grâce à un système de parrainage.
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