FinistèrePolitique et Syndicalisme

450€/1000L pour payer le travail de l’éleveur

Lors de l’assemblée générale de la Coordination rurale, la conjoncture catastrophique de la production laitière et venue alimenter le débat. Le syndicat demande un paiement de 450 €/ 1 000 L.

« Avec un lait payé à 340 € la tonne, on ne sauvera que 30 % des exploitations et on est loin du sa- laire moyen français. Pourquoi n’aurions-nous pas le droit à un salaire dans la moyenne ? », se questionne Véronique Le Floc’h, secrétaire générale de la Coordination rurale lors de l’assemblée générale du syndicat qui se tenait vendredi dernier à Cast. Ce montant payé aux producteurs et souvent fixé comme une base ne suffit pas pour les responsables de la Coordination Rurale. « Nous demandons 450 €, sans démagogie », estime la responsable.

Couvrir la main-d’œuvre

La Coordination rurale a été absente lors des actions du 6 juin dans une laiterie de Guingamp (22), car « les 340 € demandés ne nous satisfont pas. En se basant sur une étude du Cerfrance du Morbihan et de l’Ille-et-Vilaine, les chiffres montrent qu’un lait payé à 350 € couvre les coûts de production, sans couvrir les coûts de main-d’œuvre. Notre revendication est aussi basée sur un rapport de l’observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) qui évalue à 364 € en moyenne les coûts de production pour 1 000 litres, avant rémunération du travail des éleveurs. En ajoutant à ce chiffre une rémunération, de 1,5 Smic, nous arrivons à ce montant de 450 € ».

Bruno Demeuré, président de la CR 29, précise qu’il « intervient dans les lycées agricoles auprès de futurs agriculteurs. Nous souhaitons leur faire comprendre que quand ils budgétisent leur future activité, le salaire est le poste à prévoir en premier. Un paysan doit avant tout travailler pour lui ».

Véronique Le Floc’h et Bruno Demeuré demandent un paiement de la tonne de lait qui prend en compte les coûts de production et les coûts de main-d’œuvre.
Véronique Le Floc’h et Bruno Demeuré demandent un paiement de la tonne de lait qui prend en compte les coûts de production et les coûts de main-d’œuvre.

Du changement dans les piliers de la Pac

Face au verdissement de l’agriculture demandé par la société, le président rappelle que « le lait de qualité produit ici n’est pas rémunéré à sa juste valeur. Concernant les aides Pac, nous ne sommes pas contre les aides au verdissement. Des efforts sont faits par des agriculteurs qui souscrivent des MAE, sauf que nous ne sommes pas payés en temps et en heure. Nous sommes écoutés par les politiques, mais pas entendus », déplore-t-il. Alors, la Coordination rurale demande un changement dans le fonctionnement de la Pac, à savoir « un basculement des aides au verdissement du 2e au 1er pilier.

Le 2e pilier, géré par la Région, a la possibilité de verser les aides dans un délai de 3 ans. Or les aides du 1er pilier sont payées au plus tard au mois de juin suivant », note Véronique Le Floc’h. Ce délai de 3 ans est trop long pour la CR, les règles du jeu pouvant changer d’une année sur l’autre.

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer