Élevage

Une mélangeuse bien remplie pour les laitières… et les génisses

Au quotidien, les associés du Gaec Jaglin préparent 5,2 t brutes de ration mélangée : 2,5 t d’ensilage de maïs (à 31 % de MS), 1,4 t d’ensilage d’herbe (35 %), 1,2 t de betterave (à 20 %), 130 kg de paille de blé, 12 kg de lithothamne et 8 kg d’urée. « Cela peut paraître beaucoup pour 90 vaches. Mais c’est volontaire. » D’abord, cela évite la concurrence, ainsi même les primipares peuvent manger à leur faim alors qu’il manque environ 15 places à l’auge.

Ensuite, chaque jour, 1,4 t de « refus » ou plutôt de reste (il ne manque que les betteraves que les vaches ont complètement consommées) est ainsi reprise à l’auge et remise dans la mélangeuse. « Nous ajoutons un godet de paille et le distribuons aux génisses. » La méthode a été adoptée depuis 18 mois. « Beaucoup moins astreignant que la préparation d’un mélange spécial génisses. C’est un bon compromis entre temps de travail et efficacité alimentaire pour les jeunes. » José Jaglin concède que le régime manque peut-être un peu d’azote (« mais la conjoncture pèse »), en conséquence il retarde un peu la mise à la reproduction pour ne pas pénaliser les croissances.

Vers du maïs denté ?

« Depuis 2 ans, nous optons pour un maïs corné-denté plus typé grain. L’idée : récolter un produit plus riche en amidon pour reconcentrer en énergie notre ration encombrante. D’autant qu’en hiver, quand les betteraves sont entrées dans le régime, le maïs ensilage ne représente plus qu’un tiers de la ration. Pour valoriser les protéines de l’enrubanné et de l’ensilage d’herbe du mélange, il nous faut le maïs le plus riche possible en amidon. Prochaine étape : tester les variétés dentées comme les éleveurs américains. »

Minéraux dans l’eau de boisson

Minéraux et vitamines sont distribués via l’eau de boisson (sauf le calcium provenant du lithothamne). « Les vaches produisant beaucoup de lait boivent plus et consomment ainsi davantage de vitamines et minéraux pour répondre à leurs besoins de production et de reproduction. C’est plus efficace car notre ration encombrante permet plus difficilement à l’animal de compenser par une augmentation d’ingestion. Cette stratégie a fait gagner 10 % au taux de réussite à l’IA première. »

Le trèfle violet remporte sur la luzerne la bataille de la protéine

« À 2 kg de MS d’ensilage ou d’enrubanné de luzerne dans la ration, ça va. Mais à 6 ou 7 kg de MS, ça encombre trop. La légumineuse la plus efficace pour moi est le trèfle violet pur. On en sort autant de protéines à l’hectare avec des coupes autour de 20 à 23 % de MAT, mais la digestibilité de l’azote est supérieure chez le trèfle : 60 à 65 % pour la luzerne, jusqu’à 80 % pour le trèfle », explique José Jaglin. Au final, si on compte l’azote récolté puis valorisé par les vaches, le trèfle est plus intéressant. « En plus, ce dernier est plus facile à ensiler ou enrubanner : il y a moins de tiges, il sèche plus rapidement. »

Lupin toasté au robot demain ?

Depuis 3 ans, le Gaec produit du lupin qui est moissonné puis concassé. « Au départ, 5 ha permettant 3 mois de distribution. Cette année, 11 ha pour un apport pendant près de 8 mois. » Le protéagineux est glissé dans la mélangeuse. « Nous avons fait des tests aussi via le Dac du robot. » Les associés s’intéressent aujourd’hui au toastage à façon désormais proposé (voir Paysan Breton du 21 octobre 2016, p4). « Cela permet d’augmenter la valeur PDIE et PDIN du protéagineux. À l’arrivée, grâce à cet effet by-pass, le lupin toasté maison pourrait remplacer les tourteaux tannés au robot. »

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