Découvertes

Le bâton de pèlerin, un objet unique et vivant

Personnage atypique et artiste accompli, Milan a fait du bâton de pèlerin ou de randonnée sa spécialité. Une vocation qui est née suite à un pèlerinage en famille sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Niché au fond d’un petit chemin sur la commune de Saint-Clet (22), l’atelier du bâton pèlerin abrite la maison de l’artiste et de sa famille, son atelier, sa salle d’exposition et son jardin aux multiples secrets. « Tout le monde peut s’arrêter et venir voir mes créations, ou faire un tour dans le jardin, quand je suis là », précise le sculpteur. Il se nomme Milan, de son nom d’artiste. « Il y a plein de symboliques derrière ce pseudo. C’est surtout pour moi le rapace qui plane et voit le monde vu du dessus. Je suis un observateur, je regarde le monde sans trop m’en mêler. Je me nourris et m’inspire de la vie des gens. »

Un déclic au retour de Saint-Jacques-de-Compostelle

Originaire du nord de la France et habitant depuis 32 ans en Bretagne, c’est la rencontre avec son voisin Lazare magnétiseur et sculpteur qui bouleverse sa vie. Il parle même de 2e naissance. « Il m’a ouvert les yeux et fait découvrir la sculpture. C’est lui qui m’a offert mon 1er morceau de bois, du cyprès, pour le sculpter. » Cette œuvre qu’il a nommé Désir a été exposée au Grand palais à Paris en 1992 lors du Salon d’automne. Une récompense et un coup de projecteur qui lui a donné envie de poursuivre dans cette voie en l’associant à son métier de paysagiste.

En 1997, il se lance avec sa femme, ses 2 enfants âgés de 2 et 4 ans à l’aide d’un cheval et d’une roulotte sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. L’aventure dure 6 mois. À son retour, il a un flash et décide de se lancer dans la création de bâtons de randonnée. « Je me suis vu faire cela au pied du chêne de mon jardin détendu et plein de bien-être. » Sculpteur à plein-temps depuis 9 ans, Milan a refait le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle 4 fois depuis sa 1re expédition. « Je ne sais pas pourquoi mais tous les 4 à 5 ans j’ai besoin d’y retourner. »

 

Sur commande d’un client, le sculpteur 	a créé une chouette sur un arbre enraciné dans le jardin.
Sur commande d’un client, le sculpteur a créé une chouette sur un arbre enraciné dans le jardin.

Des sculptures sur des arbres enracinés

Depuis quelque temps, Milan a des envies d’autres formes de création. Il sculpte des troncs d’arbres encore enracinés chez des particuliers mais aussi pour des entreprises ou des collectivités. « Ma dernière création est une chouette commandée par des clients, à effectuer sur un arbre de leur jardin. Lorsque j’ai commencé à travailler j’ai vu un oiseau en dessous de la chouette. Je me laisse porter par ce que je vois, ce que je ressens. Ces personnes désiraient aussi un éléphant et c’est en me promenant dans le jardin que je l’ai vu, dans un cerisier. Ce sera ma prochaine sculpture. »

On a son couteau, on a son bâton

Pour Milan, le bâton est une philosophie, c’est un objet personnel. Il aime rappeler : « On a son couteau, on a son bâton. C’est un objet qui nous soutient, qui se transmet de génération en génération et qui représente la vie de chacun. » Il utilise des essences d’arbres très durs comme le buis, le houx, le chêne, l’acacia et l’if. Mais aussi des bois plus souples tels que le châtaignier, l’orme ou le frêne. Des branches qui lui sont données par des connaissances ou des clients.

Sinon il coupe le bois de ses futurs bâtons au gré de ses balades dans la nature de novembre à février. Il les stocke ensuite à l’abri dans un hangar. « Je les travaille selon mon inspiration, suivant leurs formes, leurs vibrations. J’essaie de trouver l’âme, le caractère, l’esprit du bâton qui se cache à l’intérieur de la branche encore brute. C’est ce qui en fait un objet unique et vivant pour son futur propriétaire. » Le sculpteur peut malgré tout travailler à la demande sur des symboles, décors, gravures que les clients souhaitent faire apparaître sur leur bâton.

Milan raconte que lorsque les gens viennent à l’atelier du bâton pèlerin et qu’ils visitent la salle d’exposition, chaque personne ne voit qu’un objet en arrivant que ce soit un bâton ou une sculpture. Ils voient les autres œuvres après. « S’ils n’ont pas de coup de cœur, on échange sur leurs attentes, leur vie, leur métier et je crée après pour eux. » Mais l’artiste a besoin d’inspiration pour travailler et avoue que les commandes arrivent beaucoup moins vite que les créations. Il raconte avoir besoin régulièrement de prendre son bâton pour aller se promener dans la nature autour de chez lui et y trouver l’inspiration. Si vous avez des envies de bâtons de pèlerin ne tardez pas trop à lui le faire savoir car l’appel de Compostelle devrait se faire sentir d’ici moins de deux ans.


L’atelier du bâton pèlerin
Keromen Du – 22260 Saint-Clet
www.batonpelerin.fr – Mail : milan.atelier.du.baton-pelerin@orange.fr
Tel : 07 82 96 03 13

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