Recul annoncé des exploitations lait-viande

viande-bovine-vache-laitiere - Illustration Recul annoncé des exploitations lait-viande

La mixité lait-viande devrait régresser en France, mais n’est pas menacée. Dans des régions comme la Bretagne, la re-spécialisation laitière est attendue.

Plus de la moitié de la viande bovine française est issue des exploitations laitières et un tiers provient d’animaux laitiers. C’est un des chiffres donnés par Baptiste Buczinski, du Service économie des exploitations de l’Institut de l’élevage. « Les exploitations laitières sont évidemment apporteuses de la majorité des femelles laitières, mais aussi de 72 % des bœufs et 47 % des jeunes bovins », a précisé l’économiste lors de l’assemblée générale du GIE Élevages de Bretagne, le 7 juillet à Quimper.

73 % des exploitations laitières spécialisées en Bretagne

Pour le moment, la croissance laitière de 2005 à 2014 n’a pas bouleversé la mixité lait-viande en Bretagne. Mais la fin des quotas est désormais bien là et le potentiel laitier dans l’Ouest est indéniable. « La re-spécialisation de ce territoire est probable. En Bretagne, 73 % des exploitations laitières sont spécialisées. L’augmentation laitière se fera dans un premier temps par l’intensification animale et fourragère, et ensuite par la réduction ou l’arrêt d’ateliers viande. »
Le lait est apporteur de plus forte valeur ajoutée/ha de SAU. L’Ouest dispose malgré tout de ressources humaines et la taille des structures peut être améliorée. Autre atout : la proximité des sites de transformation. Mais la mixité pourra être préférée dans des exploitations sociétaires où l’un des associés est spécialisé dans la production de viande bovine. La meilleure robustesse économique de ces systèmes, la nouvelle prime à la vache allaitante qui peut devenir intéressante pour certains, et la défiscalisation que permet l’engraissement, sont d’autres facteurs favorables.

De la viande dans l’Est et le Massif central

Concernant les autres bassins laitiers, la viande bovine a de l’avenir. « Dans l’Est, les éleveurs sont moins enclins à investir massivement dans le lait. Le déficit de main-d’œuvre y est plus préoccupant du fait d’un faible nombre de Gaec. Par ailleurs, les surfaces toujours en herbe (STH), plutôt « sanctuarisées » par la nouvelle Pac, sont importantes, ce qui est plutôt favorable à la production de vaches allaitantes et de bœufs… » Dans le Massif central, la production laitière est moins dynamique et l’emploi agricole devient limitant également. L’intensification fourragère est par ailleurs difficile et la nouvelle prime VA est propice à la mixité, voire à la spécialisation allaitante.

2/3 des projets du nouveau plan en herbivores

Marcel Denieul, président du GIE Élevages de Bretagne, a salué, dans un contexte tendu pour les productions animales, le succès du PCAEA (plan de compétitivité). « Plus des 2/3 des 500 projets accompagnés pour le premier appel à projets sont dans les filières herbivores », précise-t-il. Didier Maroy, de la Draaf Bretagne, souligne que, du fait des résultats du
1er appel à projets, les fonds devraient manquer pour le 2nd (ouvert du 1er juillet au 19 septembre 2015). « La Région et l’Etat se mobilisent pour obtenir des budgets supplémentaires. »

Se référant à des études tablant sur des hypothèses assez mesurées, l’économiste anticipe une augmentation du cheptel de vaches laitières en France, avec une croissance possible de la production laitière de 16 % entre 2013 et 2020. Les abattages de VL pourraient passer de 893 000 têtes en 2013 à 1 million en 2020. L’emploi croissant de semence sexée devrait par contre entraîner une baisse du nombre de gros bovins mâles laitiers et la production de veau de boucherie devrait poursuivre son déclin.

Des pièces moins grosses

« Mais demain, nous devons avant tout répondre aux attentes du marché. La moitié de la consommation se fera sous forme de steak haché, réalisé avec les réformes laitières. Pour l’autre moitié, le consommateur demande des produits en barquette avec un bon rapport poids/prix. Nous devons pouvoir répondre à cette attente, pourquoi pas avec un produit jeune croisé avec de la Holstein », note Philippe Dagorne, président de Coopel-Bovi. Agnès Cussonneau


Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article