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Mieux s’organiser en bovins viande

Dix ans sans césarienne avec les vieux taureaux

Pour éviter les risques et complications liés à l’opération, Olivier Allain choisit toujours de vieux taureaux, « plus chers mais confirmés ailleurs ».

« Il y a environ 130 vêlages par an sur l’exploitation. Pourtant, je n’ai pas eu de naissance par césarienne depuis plus de dix ans », confie Olivier Allain, éleveur de vaches allaitantes à Corlay (22). Un résultat qui ne doit rien au hasard puisque la conduite de son atelier est basée sur le choix des reproducteurs et l’organisation de la mise à la reproduction.

Une vache opérée est déclassée

Chez lui, à l’heure de choisir un mâle, « la facilité de vêlage est le critère numéro un ». À cause de ses responsabilités professionnelles qui l’éloignent régulièrement de l’élevage compliquant la surveillance, « éviter à tout prix une césarienne est la priorité ». En fait, le producteur, perfectionniste, vivrait le recours à la chirurgie comme un « échec ». Pourquoi tant redouter, voire exécrer, l’opération ? « En élevage allaitant, en termes de rentabilité, ça ne colle pas. D’abord, il y a la facture de la césarienne. D’autant qu’il y a un risque de veau mort puisqu’on y a recours souvent pour de gros spécimens. Là, face à la dépense, il n’y aura pas de recette. » Avant de poursuivre : « Je vends beaucoup d’animaux en Label rouge. Or une vache ayant subi une césarienne est automatiquement exclue de la valorisation label. Il y a d’emblée, là aussi, une moins-value financière… » L’animalier note également « que la vache est un peu fragilisée après la chirurgie. Elle est moins maternelle, voire peut refuser son veau qu’elle n’a pas vu naître à cause de l’anesthésie. Ensuite, les jours de convalescence, les injections d’antibiotiques peuvent la rendre plus farouche. »

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Olivier Allain, éleveur de vaches allaitantes à Corlay (22)

Un vieux taureau, plus cher mais plus sûr

Le costarmoricain explique sa stratégie, « peut-être un peu atypique », pour éviter la naissance assistée. « Je n’achète plus de jeunes reproducteurs depuis 15 ans. Je ne choisis que des taureaux qui ont été testés et validés chez d’autres agriculteurs. » Les animaux sont repérés grâce aux petites annonces dans la presse agricole. « Je me rends sur place voir le mâle et ses produits. Et surtout discuter avec le propriétaire. » C’est cet échange basé sur « la confiance et l’expérience » qui compte le plus. Généralement, c’est un taureau, que le vendeur « a gardé 3 ans dans le troupeau, qui lui plaisait mais qu’il doit se résoudre à remplacer pour éviter les problèmes de consanguinité » avec l’arrivée des premières filles dans le cheptel. Pour le propriétaire, c’est aussi l’occasion d’empocher « 400 ou 500 € de plus en le commercialisant comme reproducteur » plutôt que de le réformer. « Je paie plus cher pour ces mâles que je garde 3 ans à mon tour. Ils ont de bons aplombs, je connais leurs performances, c’est une vraie assurance… », justifie Olivier Allain.
Au total, l’élevage compte toujours « cinq vieux taureaux ». Le 1er mai, jour de la fête du travail, c’est eux qui bossent : « Ils sont lâchés tous les ans dans les différents groupes de vaches. » Cela assure près d’une centaine de vêlages groupés au mois de mars suivant, « facilitant la surveillance et permettant de se dégager plus facilement du temps le reste de l’année ». Toma Dagorn

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